Inhibiteur de KRAS G12C + anti EGFR : une nouvelle molécule s’invite dans la course
Position du problème
La mutation KRAS G12C est présente dans 3 à 4% des cancers colorectaux (CCR). Des inhibiteurs ciblant directement cette mutation (l’adagrasib, le sotorasib, le divarasib et le garsorasib) représentent une promesse intéressante en cas de CCR non opérable antérieurement prétraité.L’association d’un anti EGFR semble en potentialiser l’efficacité.
Méthode
Cet essai de phase II chinois évalue l’intérêt d’un traitement par le garsorasib (D-1553) associé au cetuximab chez des patients atteints d’un CCR métastatique KRAS G12C muté ayant bénéficié d’au moins une ligne de traitement antérieur. Les critères de jugement principaux sont le taux de réponse globale, et la tolérance de ce traitement.
Résultat
40 patients ont été inclus dans cette étude, avec un suivi médian de 9 mois. Parmi eux, 80% ont bénéficié d’au moins deux lignes antérieures. Le taux de réponse globale était de 45% (IC95% 29,3-61,5), et le taux de contrôle de la maladie de 95% (IC95% 83,1-99,4). La survie sans récidive moyenne était de 7,6 mois. Les rash cutanés, les paronychies, et l’élévation des transaminases étaient les effets indésirables les plus fréquents, sans effets indésirables graves attribués au garsorasib.
Conclusion
L’association garsorasib + cetuximab représente une possible future option thérapeutique intéressante en cas de mutation KRAS G12C, avec un profil de tolérance acceptable. Le taux de réponse global est similaire à celui observé avec l’association adagrasib + cetuximab (KRYSTAL-1). Ces résultats doivent cependant être confirmés par des études de phase III.
Adrien GRANCHER