L’immunothérapie en péri-opératoire du cancer gastrique localisé : un sommet qui résiste ?
Position du problème
Le traitement standard du cancer gastrique ou de la jonction oesogastrique localisé repose sur la chimiothérapie péri-opératoire (FLOT). Malgré cette prise en charge, le risque de récidive à 5 ans reste élevé, et la survie globale limitée. L’ajout d’immunothérapie à la chimiothérapie standard pourrait potentialiser l’efficacité du traitement, et diminuer le risque de récidive.
Méthode
L’étude MATTERHORN, est un essai de phase III multicentrique randomisé en double aveugle et évalue l’intérêt d’ajouter du durvalumab (un anti PD-L1) 1500mg toutes les 4 semaines à la séquence de FLOT classique, contre un placebo. Le critère de jugement principal est la survie sans évènement. Les résultats issus de la première analyse intermédiaire, sur le taux de réponse, sont rapportés ici.
Résultat
474 patients ont été randomisés dans chaque bras, avec une majorité de cancers gastriques (68%), classés cT3 (66%) et cLN+ (70%). Un nombre statistiquement plus élevé de réponse complète était observé dans le bras expérimental (19 vs 7%, p<0.001). Le taux de résection chirurgicale, et le taux de chirurgie classé R0 étaient similaires (environ 85%). La tolérance était comparable dans les deux bras, avec 58% d’effets indésirables de grade III-IV dans le bras expérimental, contre 56% dans le bras contrôle.
Conclusion
Ces premiers résultats sont encourageants, avec une augmentation significative du taux de réponse complète. Cependant, l’étude KEYNOTE-585, qui teste la même hypothèse avec du pembrolizumab, a également retrouvé une augmentation du taux de réponse complète, mais sans effet significatif sur la survie sans évènement, ni sur la survie globale, pour le moment. Les analyses de survie définitives sont donc attendues afin de pouvoir conclure sur l’intérêt de l’immunothérapie dans cette indication.
Adrien GRANCHER