Match nul entre le FOLFIRINOX et la radiochimiothérapie en preopératoire dans le cancer du pancréas localisé (PREOPANC-2).

Position du problème

La survie globale (SG) médiane après résection chirurgicale d’emblée d’un cancer du pancréas localisé ou bordeline est comprise entre 11 à 14 mois, avec seulement 3% de patients vivants à 10 ans. L’étude PEROPANC a démontré l’intérêt d’une séquence néoadjuvante associant de la chimiothérapie par gemcitabine à de la radiothérapie. L’objectif de cette étude est de tester si le FOLFIRINOX en néodjuvant fait mieux que la RCT suivie de chimiothérapie adjuvante.

Méthode

L’étude PREOPANC-2, essai de phase III multicentrique randomisé, a inclus des patients atteints d’un cancer du pancréas localisé ou borderline, entre un bras FOLFIRINOX (FFX) 8 cures puis chirurgie, et un bras gemcitabine 3 cycles avec RT durant le second cycle (36 Gy en 15 fractions), chirurgie, et 4 cures de gemcitabine en adjuvant. Une stratification sur le statut localisé/bordeline, et sur le centre a été réalisée. Le critère de jugement principal était la survie globale.

Résultat

188 patients ont été inclus dans le bras FFX, et 187 dans le bras radiochimiothérapie (RCT). La SG médiane était de 21,9 mois dans le bras FFX, et de 21,3 mois dans le bras RCT (HR = 0,87 [IC95% 0,68-1,12, p = 0,28]). Le taux de résection était de 77% dans le bras FFX, et 75% dans le bras RCT (p=0,69), avec cependant plus de patient ypN0 dans le bras RCT (47 vs 58%, p <0,01). Le taux d’effets indésirables était de 49% dans le bras FFX, et 43% dans le bras RCT, avec significativement plus de diarrhée dans le bas FFX.

Conclusion

Le FOLFIRINOX en neoadjuvant n'est donc pas plus efficace que la séquence de RCT à base de gemcitabine. La principale interrogation porte sur la population de cette étude, qui inclue à la fois des cancers localisés et borderline. Des études séparant ces deux populations sont nécessaires pour préciser la place ainsi que la séquence néoadjuvante la plus adaptée. En l’état actuel des connaissances, les deux séquences néodjuvantes sont donc à considérer en cas de tumeur borderline.

Adrien GRANCHER