Tumeurs colorectales métastatiques RAS/BRAF sauvages : faut-il intensifier le traitement ?
Position du problème
Le standard thérapeutique des adénocarcinomes (ADK) colorectaux métastatiques non résécables RAS/BRAF sauvages en première ligne repose sur une bichimiothérapie en combinaison avec un anti-EGFR. Il n'est pas établi qu'une trichimiothérapie augmenterait le taux de réponse ou la survie chez ces patients.
Méthode
L'essai PANIRINOX est une étude de phase II randomisée non comparative, ayant inclus des patients ADK colorectaux métastatiques non résécables RAS/BRAF sauvages. Les patients recevaient du FOLFIRINOX + panitumumab (bras A) ou du FOLFOX + panitumumab (bras B). Le critère de jugement principal (CJP) était le taux de réponse complète (RC), défini par la normalisation de l'ACE et la réponse RECIST.
Résultat
78 patients ont été inclus dans le bras A et 33 dans le bras B. Le taux de réponse complète était de 7,7% dans le bras A et 7,4% dans le bras B. Les survies sans progression était de 9.1 mois dans le bras A et 9 mois dans le bras B. De manière attendue, les toxicités de grade 3 ou plus étaient plus fréquentes dans le bras trichimiothérapie + panitumumab.
Conclusion
Sous réserve qu'il s'agit d'une étude de phase II non comparative, le FOLFIRINOX + anti-EGFR ne semble pas entrainer des taux de réponses plus importants que le FOLFOX + anti-EGFR pour les ADK colorectaux RAS/BRAF sauvages métastatiques non résécables. Ces résultats sont concordants avec ceux de l'étude de phase III TRIPLETE et ne permettent pas de recommander une intensification de la chimiothérapie préconisée actuellement.
Lisa LELLOUCHE