Camrelizumab + rivocéranib : la potion magique du CHC, pour l’instant réservée à la Chine
Position du problème
L’étude CARES-009 visait à évaluer l’efficacité et la tolérance de l’association camrelizumab (anti-PD-1) + rivocéranib (TKI anti-VEGFR2) administrée en périopératoire chez des patients atteints de carcinome hépatocellulaire (CHC) résécable présentant un risque intermédiaire ou élevé de récidive.
Méthode
Les patients atteints de CHC résécable stade Ib–IIIa (BCLC A >5 cm, B ou C sans envahissement de la veine porte ni métastases) ont été randomisés (1:1) entre deux groupes : un expérimental, recevant 2 cycles de camrelizumab 200 mg IV et rivocéranib 250 mg/j per os avant chirurgie, puis jusqu’à 15 cycles adjuvants de la même combinaison ; et un contrôle, avec chirurgie d’emblée. La survie sans événement (EFS), évaluée selon RECIST v1.1, était le critère principal.
Résultat
Au total, 294 patients ont été randomisés (148 avec traitement périopératoire, et 146 avec chirurgie seule). Après un suivi médian de 21,3 mois, la survie sans événement (EFS) était significativement prolongée avec le traitement périopératoire : 42,1 vs 19,4 mois (HR = 0,59 ; IC95 % : 0,41–0,85 ; p = 0,0040). Une réponse pathologique majeure a été obtenue chez 35,1 % des patients (dont 3,4 % de réponses complètes) contre 7,5 % dans le bras chirurgie seule (p < 0,001). L’évaluation indépendante confirmait ces résultats (HR = 0,63 ; IC95 % : 0,44–0,90). Les données de survie globale restaient immatures, avec 39 événements.
Conclusion
L’association camrelizumab + rivocéranib en traitement périopératoire améliore significativement la survie sans événement et la réponse pathologique par rapport à la chirurgie seule chez les patients atteints de CHC résécable à haut risque de récidive. Ces résultats ouvrent la voie à un changement de pratique majeur en Chine, mais nécessitent une validation internationale car seule une population chinoise était incluse dans l’essai. L'essai pose aussi la question de la nécessité de poursuivre le traitement adjuvant pendant 15 cycles, ainsi que la toxicité éventuelle (2 décès).
Erwan VO QUANG, Paris