De la phase Ib à la désillusion : RegoNivo perd le match face à la chimio

Position du problème

L'essai ATTRACTION-3 a montré l'efficacité du nivolumab en L3 du cancer de l'estomac métastatique. Par ailleurs, l’essai de phase Ib REGONIVO a suggéré qu’ajouter le régorafénib pouvait renforcer l’efficacité avec une tolérance acceptable. L’essai de phase III INTEGRATE IIb a ensuite comparé cette combinaison à la chimiothérapie chez des patients atteints de cancer gastrique ou de la jonction œsogastrique avancé et réfractaire.

Méthode

Les patients éligibles avaient reçu au moins deux lignes de chimiothérapie préalables incluant un sel de platine et une fluoropyrimidine, et pouvaient être positif à HER2. Ils ont été randomisés selon un ratio 2:1 pour recevoir le schéma REGONIVO (régorafénib 90 mg per os J1-21/4sem + nivolumab 240 mg/2sem) versus chimiothérapie au choix de l’investigateur (taxane, irinotécan ou trifluridine/tipiracil). Le critère principal était la survie globale (OS).

Résultat

Sur 462 patients randomisés, 309 ont été attribués au bras RegoNivo et 153 au bras chimiothérapie. La survie globale n’était pas significativement améliorée avec RegoNivo par rapport à la chimiothérapie (médiane 5,9 vs 6,3 mois ; HR = 0,88 ; IC95 % : 0,71–1,09 ; p = 0,23), et la PFS était similaire (1,9 vs 1,9 mois). Le taux de réponse objective (ORR) était plus élevé avec RegoNivo (7,4 %) qu’avec la chimiothérapie (2,6 %), de même que la durée médiane de réponse (9,5 vs 5,6 mois). Le taux de contrôle de la maladie (DCR) était supérieur avec RegoNivo (39 % vs 26 %).

Conclusion

Le traitement RegoNivo n’a pas démontré de supériorité par rapport à la chimiothérapie au choix de l’investigateur chez les patients atteints d’un AG/JOG avancé réfractaire. Plusieurs explications sont proposées, notamment l’immunosuppression sévère après plusieurs lignes de chimiothérapie ou l’utilisation antérieure d’un anti-VEGF ou de l'immunothérapie. Des études testant l’association anti-VEGF, anti-PD1 et chimiothérapie sont en cours d'évaluation dans le traitement du cancer gastrique.

Erwan VO QUANG, Paris