DYNAMIC-III : quand la désescalade manque un peu de souffle
Position du problème
L’analyse de l’ADN tumoral circulant (ADNtc) est un marqueur évaluant la maladie minimale résiduelle après la chirurgie de plusieurs cancers et semble être un facteur pronostic majeur du cancer du colon en post-opératoire. L’essai DYNAMIC-III a évalué une stratégie d’escalade/désescalade de la chimiothérapie adjuvante (ACT) guidée par les résultats d’ADNtc après chirurgie. Ici les résultats de la désescalade chez les patients avec ADNtc négatif post-opératoire sont présentés.
Méthode
Essai multicentrique randomisé de phase II/III incluant des patients atteints de cancer du côlon stade III. Un test d’ADN tumoral circulant (ADNtc) « tumour-informed » était réalisé 5 à 6 semaines après la chirurgie, puis les patients étaient randomisés (1:1) entre une prise en charge standard ou guidée par l’ADNtc. Dans le bras ADNtc-guidé, un résultat négatif permettait une désescalade : réduction de la durée ou simplification du traitement. Il s'agissait d'une étude de non-infériorité sur le critère principal qui était la survie sans récidive (SSR) à 3 ans.
Résultat
Parmi 968 patients éligibles, 702 (72,5 %) étaient ADNtc négatifs : 353 dans le bras ADNtc-guidé et 349 dans le bras standard. Après 45 mois de suivi, 90,4 % ont suivi la désescalade prévue. Celle-ci a réduit l’usage d’oxaliplatine (34,8 % vs 88,6 % ; p < 0,001), les toxicités ≥ grade 3 (6,2 % vs 10,6 % ; p = 0,037) et les hospitalisations (8,5 % vs 13,2 % ; p = 0,048). Cependant, la non-infériorité n’a pas été atteinte avec une SSR à 3 ans : 85,3 % vs 88,1 % (Δ –2,8 % ; IC97,5 % – 8,0 %). Dans une analyse pré-spécifiée, la non-infériorité était reportée dans le sous-groupe des tumeurs à faible risque (T1–3N1) avec une SSR à 3 ans : 91,0 % vs 93,2 %.
Conclusion
Chez les patients atteints d’un cancer du côlon de stade III avec ADNtc postopératoire négatif, le risque de récidive est faible mais la non-infériorité d'une désescalade thérapeutique n'était pas atteinte stricto-sentu. Les résultats des autres études en cours sont attendus pour mieux définir la place de l'ADNtc dans les stratégies de désescalade ou intensification thérapeutique des cancers du colon localisé.
Erwan VO QUANG, Paris