Encore un triplet sans envol : l’ajout de tiragolumab n’élève pas le niveau du duo Atézo/Béva

Position du problème

L’association atézolizumab + bévacizumab constitue le traitement standard de première ligne du carcinome hépatocellulaire (CHC) avancé. Toutefois, tous les patients n’en tirent pas un bénéfice clinique, soulignant la nécessité de nouvelles stratégies thérapeutiques. Après les résultats négatifs de l’essai français TRIPLET, la phase III IMbrave152/SKYSCRAPER-14 a évalué l’ajout du tiragolumab (tira), un anticorps anti-TIGIT, à la combinaison atézolizumab + bévacizumab chez des patients atteints de CHC avancé.

Méthode

Les patients éligibles avec CHC localement avancé ou métastatique non résécable, sans traitement préalable ont été randomisés (1:1) pour recevoir : tira 600 mg + atézolizumab 1200 mg + bévacizumab 15 mg/kg, ou placebo + atézolizumab 1200 mg + bévacizumab 15 mg/kg, administrés par voie intraveineuse toutes les 3 semaines. Les co-critères principaux étaient la survie sans progression évaluée par l’investigateur et la survie globale. Les critères secondaires comprenaient le taux de réponse objective, la durée de réponse et la tolérance.

Résultat

Au 8 mai 2025 (suivi médian : 12,5 mois), 669 patients ont été randomisés entre les deux bras, aux caractéristiques similaires. La survie sans progression médiane était de 8,3 mois dans le bras expérimental contre 8,2 mois dans le bras témoin (HR = 0,97). Les données de survie globale, encore immatures, ne montraient pas de bénéfice (HR = 0,94). Le taux de réponse objective était de 29,9 % avec tira + atézo + béva contre 26,0 % avec placebo + atézo + béva. La durée médiane de réponse était de 15,0 versus 13,2 mois. Les effets indésirables de grade 3–5 concernaient 41,3 % versus 34,5 % des patients.

Conclusion

Malgré les résultats encourageant de la phase Ib/II MORPHEUS-Liver, IMbrave152/SKYSCRAPER-14 n’a pas atteint son critère principal de survie sans progression : l’ajout de tiragolumab à atézolizumab + bévacizumab n’a pas montré de bénéfice clinique supplémentaire chez les patients atteints de CHC avancé. Les données de survie globale encore immatures seront communiquées ultérieurement.

Erwan VO QUANG, Paris