L’anbenitamab : un nouvel anti-HER2 très prometteur dans le cancer gastrique métastatique

Position du problème

Chez les patients avec adénocarcinome gastrique ou de la jonction œsogastrique (AG/JOG) métastatique HER2+, traités en première ligne par une combinaison chimiothérapie + trastuzumab, les traitements de seconde ligne ont une efficacité limitée. L’étude DESTINY-4 a montré récemment que le ciblage HER2 par le trasuzumab deruxtecan reste efficace dans cette situation. L’anbenitamab est un anticorps bispécifique anti-HER2 et a été évalué contre placebo en combinaison avec une 2ème ligne de chimiothérapie dans une essai chinois de phase 3.

Méthode

Cet essai de phase 3 a donc randomisé des patients avec AG/JOG HER2+ qui avaient une progression tumorale après une L1 par chimiothérapie + trastuzumab. Les patients étaient randomisés (1:1) entre anbenitamab 30 mg/kg et placebo en association avec une chimiothérapie L2 par taxane ou irinitecan. Les co-critères de jugement principaux étaient la survie sans progression (SSP) et la survie globale (SG). Les résultats présentés à l’ESMO étaient ceux d’une analyse intermédiaire pré-spécifiée.

Résultat

A cette analyse intermédiaire, 188 patients ont été inclus. Dans le bras anbenitamab, une amélioration importante de la SSP (médiane 7.1 vs. 2.7 mois; HR, 0.25; IC95% 0.17-0.39; P<0.0001) et de la SG (médiane 19.6 vs. 11.5 mois; HR, 0.29; IC95%, 0.17-0.50; P<0.00001) a été observée. Le taux de réponse objective était supérieur dans le bras expérimental (56% vs. 11%). Des effets indésirables liés au traitement de grade ≥3 étaient observés chez 60% des patients dans le groupe anbenitamab et 45% dans le groupe contrôle. Les effets indésirables les plus fréquents étaient la leucopénie/neutropénie. Il n’a pas été observé de signal en faveur d’une toxicité cardiaque de l’anbenitamab.

Conclusion

Bien que les résultats présentés soient très préliminaires, l’ajout de l’anbenitamab à une L2 semble apporter une amélioration majeure de la SSP et SG. Ces résultats impressionnants de ce traitement méritent d'être confirmés en population non asiatique, et sa place restera à définir par rapport aux autres anti-HER2 comme le trastuzumab-deruxtecan.

Maxime REMOND, Paris