Le zanzalintinib + atezolizumab : un nouveau concurrent dans l’arène du cancer colorectal métastatique en lignes avancés

Position du problème

Le zanzalintinib (zanza) est un nouvel inhibiteur de kinases multi-cibles (MET, VEGFR, et les kinases TAP). Il existe des données cliniques suggérant une efficacité synergique du zanza avec les inhibiteurs de point de contrôle immunitaire. L’essai STELLAR-303 a évalué l’efficacité et la sécurité de la combinaison zanza + atezolizumab (atezo) par rapport au regorafenib (rego) chez les patients avec cancer colorectal métastatique (CCRm) MSS/pMMR pré-traité.

Méthode

Les patients ECOG-PS 0-1 avec CCRm MSS/pMMR déja exposés à une fluoropyrimidine, à l'oxaliplatine et à l'irinotécan étaient randomisés 1:1 entre la combinaison zanza per os 100 mg/jour + atezo IV (1200mg toutes les 3 semaines), ou du rego per os (160mg/jour de J1 à J21, par cycles de 28 jours). A l’ESMO cette année, ont été présentés les résultats pour l’un des 2 co-critères de jugement principaux, à savoir la survie globale (SG) dans l’ensemble de la population en ITT. L'autre critère de jugement principal (SG chez les patients sans métastases hépatiques) sera connu ultérieurement.

Résultat

901 patients ont été randomisés, dont 57% avaient des métastases hépatiques et 82% avaient été pré-exposés aux anti-VEGF. Le zanza + atezo améliorait significativement la SG par rapport au rego (médiane 10.9 vs 9.4 mois, HR, 0.80; IC95% 0.69–0.93). La survie sans progression (SSP) était également supérieure dans le bras Le zanza + atezo (médiane 3.7 vs 2.0 mois, HR, 0.68; IC95% 0.59–0.79). Cette différence ne dépendait pas du statut RAS, mais était numériquement plus marquée chez les patients sans métastases hépatiques. Le zanza + atezo était associé à plus d'effets indésirables de grade 3/4 liés au traitement (59% vs 37%) et de réductions de dose pour toxicité (61% vs 40%).

Conclusion

La combinaison zanza + atezo est supérieure au rego en termes de survie globale et survie sans progression dans le CCRm lourdement prétraité, avec dans les deux cas une différence modeste de 1.5 mois. A noter, cette combinaison était associée à un taux d’effet indésirables de grade 3 /4 plus élevé que le regorafenib. La contribution de l’immunothérapie à l'efficacité de cette combinaison n'est pas connue.

Maxime REMOND, Paris