OPTIPRIME : la maintenance par fluoropyrimidine seule a toute sa place dans le cancer colorectal métastatique

Position du problème

Dans le cancer colorectal métastatique (CCRm) RAS/BRAF sauvage, l’association doublet de chimiothérapie + anti-EGFR est le traitement de première ligne de référence en cas de tumeur du côlon gauche. Les traitements anti-EGFR sont responsables de toxicités cutanées et unguéales pouvant constituer un facteur limitant leur utilisation. La stratégie « stop and go », développée initialement avec l’oxaliplatine pour réduire sa toxicité neurologique sans détérioration de la durée de contrôle de la maladie, pourrait donc également être prometteuse pour les anti-EGFR.

Méthode

Dans cet essai de phase II monobras multicentrique, les patients avec CCRm RAS/BRAF sauvage, non prétraité et avec des métastases non résécables, ont reçu un traitement d’induction par FOLFOX+panitumumab (pmab) pour 6 cycles, suivi en cas de contrôle de la maladie par une maintenance par fluoropyrimidine (LV5FU2 ou capecitabine). A progression, le pmab +/- oxaliplatine était réintroduit pour 6 cycles, et ainsi de suite. Le critère de jugement principal était la durée de contrôle de la maladie (DCM), définie comme le temps jusqu’à progression sous anti-EGFR et chimiothérapie ou jusqu'au décès.

Résultat

Parmi les 118 patients inclus, il y avait 79% d’hommes, 94% de patients ECOG-PS 0-1, 86% avaient des tumeurs du colon gauche et 73% des métastases hépatiques. Après un suivi médian de 47.9 mois, la DCM médiane était de 24.9 mois (IC90%: 19.3-28.3). Le taux de réponse objective était de 74.8% lors de l’induction initiale et diminuait au fil des réinductions. 96 patients (83.5%) ont eu au moins une période de maintenance. Par la suite, 54%, 25% et 10% des patients ont eu une, deux ou trois réintroductions, respectivement. 13 patients (11%) ont été opérés des métastases et 80 patients (69.6%) ont reçu une 2eme ligne de traitement. La survie globale médiane était de 36.1 mois (95%CI: 27.5-39.9).

Conclusion

L’essai OPTIPRIME a atteint son objectif principal, avec une durée de contrôle de la maladie et une survie globale conforme aux attentes dans cette population, validant l’intérêt de la stratégie “stop-and-go” avec le panitumumab. Ces résultats plaident donc en faveur d’une maintenance par fluoropyrimidine seule. Les analyses de qualité de vie, en cours, seront importantes pour confirmer l’intérêt de cette maintenance sans anti-EGFR.

Maxime REMOND, Paris