TNE pancréatique sporadique non-sécrétante de <2cm : on n’y touche pas !

Position du problème

Bien que rares, les TNE pancréatiques non fonctionnelles (TNEp-NF) ont une incidence croissante, en particulier les lésions de petite taille, probablement du fait d’une meilleure détection. Au vu de leur pronostic favorable, le rapport bénéfice/risque de la chirurgie pancréatique par rapport à une surveillance est débattu. En particulier, les recommandations sont peu claires en cas de TNE de taille intermédiaire (>1cm mais <2cm sans dilatation du canal pancréatique principal (CPP)

Méthode

L’étude ASPEN est une étude de cohorte prospective multicentrique internationale qui a inclus des patients avec TNEp-NF <2cm (diagnostic histologique ou devant une fixation au TEP DOTATOC). Les patients avec un syndrome de prédisposition étaient exclus. Le choix entre chirurgie et surveillance était à la discrétion des investigateurs locaux.

Résultat

Sur 1000 patients analysés, 132 ont été opérés d’emblée et 868 surveillés. Les patients opérés étaient plus jeunes et moins souvent obèses. Des complications sévères (grade III de Clavien-Dindo) étaient observées chez 16%. Chez les patients surveillés, l’incidence de la chirurgie secondaire était de 5.3% à 5ans (IC95%: 3.4-7.7). Une taille ≥1.5cm était associée à un risque plus élevé de chirurgie secondaire. Au cours de la surveillance, 3 patients ont présenté une évolution métastatique, dont 2 traitées par chirurgie. La chirurgie d’emblée permettait d’éviter 1 évolution métastatique en entraînant 44 complications sévères. Il n’était pas observé de différence de survie entre les groupes.

Conclusion

Cette étude confirme que la chirurgie n’est pas indiquée dans les TNEp-NF <2cm, sauf cas particuliers, car elle n’impacte pas la survie et expose à une morbidité importante. Une évolution métastatique est très rare, mais pas impossible chez ces patients. Une limite de cette étude est le suivi médian qui reste encore limité (41 mois) dans cette maladie lentement évolutive. De plus, les modalités de surveillance optimales de ces patients restent à définir.

Maxime REMOND, Paris