ACTICCA-1 : le GEMCIS ne parvient pas à détrôner la capécitabine comme traitement adjuvant des cholangiocarcinomes

Position du problème

Depuis l’essai BILCAP la capécitabine est le traitement adjuvant de référence après résection d’un cholangiocarcinome (CCA). Le risque de récidive est élevé avec 50 % de récidive à 2 ans. Le doublet gemcitabine–cisplatine (GEMCIS), actif au stade avancé, peut-il faire mieux dans cette situation ? L’essai international académique de phase III ACTICCA-1 confronte directement ces deux stratégies.

Méthode

591 patients ont été randomisés après résection à visée curative d’un CCA intra-hépatique ou vésiculaire entre gemcitabine–cisplatine et capécitabine pendant 24 semaines. Le critère de jugement principal était la survie sans maladie (SSM). En cas de non-proportionnalité des risques, le plan statistique prévoyait une analyse du temps moyen de survie sans maladie restreint aux trois premières années (RMST). Les critères de jugement secondaires incluaient la survie globale (SG), la toxicité et des analyses de qualité de vie (EORTC QLQ-C30 et BIL-21).

Résultat

Après un suivi médian de 4,8 ans, la SSM médiane était de 25,7 mois sous GEMCIS vs 17,9 mois sous capécitabine, sans différence significative au test du log-rank (p = 0,097). L’hypothèse de proportionnalité des risques n’étant pas respectée, l’analyse préspécifiée de RMST montrait un gain moyen significatif de 2,6 mois sans maladie sur les trois premières années (p = 0,01). Une tendance en survie globale en faveur du bras GEMCIS était retrouvée (RMST Δ 1.44 mois, p = 0,076). Le GEMCIS ne permettait pas une amélioration significative de la qualité de vie. La toxicité était légèrement augmentée dans le bras GEMCIS, essentiellement hématologique.

Conclusion

Le GEMCIS ne parvient pas à détrôner la capécitabine en adjuvant dans les cancers de voies biliaires opérés. Bien que le design de l’étude ne permette pas de l’affirmer le GEMCIS ne semble pas inférieur à la capécitabine. Le GEMCIS pourrait ainsi être une option à discuter selon la toxicité redoutée et la pertinence d’une thérapie orale ou IV.

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