Cancer du rectum MSI-H: le bistouri bientôt au placard ?

Position du problème

Dans le cancer du rectum localement avancé, le traitement néoadjuvant et la chirurgie exposent à une morbidité importante. Dans les tumeurs dMMR/MSI-H, une étude monocentrique pionnière publiée dans NEJM en 2022 avait rapporté 100% de réponse clinique complète prolongée sous Dostarlimab seul, sans radiothérapie ni chirurgie. Mais cette stratégie est-elle reproductible ? AZUR-1 explore cette promesse dans un essai international global à visée d’enregistrement.

Méthode

AZUR-1 est un essai international de phase II à bras unique, incluant 154 patients atteints d’un cancer du rectum dMMR/MSI-H de stade II–III, non prétraité. Le Dostarlimab (500 mg IV toutes les 3 semaines pour 9 cycles) était suivi d’une évaluation clinique, endoscopique et morphologique par IRM. En cas de réponse clinique complète (cCR), une surveillance était proposée; sinon, un traitement standard ou une surveillance étaient proposés selon l’évaluation. Le critère clé était la cCR maintenue ≥12 mois après traitement (cCR12), évaluée localement et en revue centrale indépendante.

Résultat

Jusqu’en Avril 2026, 154 patients avaient reçu le Dostarlimab dont 86% de stade III, avec un suivi médian de 26,3 mois. Une réponse clinique complète (cCR) a été obtenue chez 71 % des patients (110/154). Parmi les 144 évaluables, 98 (68 %) maintenaient une cCR à 12 mois sans traitement supplémentaire selon les investigateurs, contre 54/116 (47 %) en revue centrale, dont les évaluations étaient moins matures. 12 patients opérés après Dostarlimab seul présentaient une réponse pathologique complète, portant le critère composite cCR12 + pCR à 76 %. Parmi les 100 patients en cCR suivis au moins 12 mois, 98 % gardaient leur réponse. Une prise en charge non chirurgicale a été retenue chez 71 % des patients. Les toxicités liées au traitement de grade ≥3 concernaient 10 % des patients, dont 3 % d’événements immunomédiés.

Conclusion

AZUR-1 confirme à l’échelle internationale le potentiel du Dostarlimab à éviter radiochimiothérapie et chirurgie à de nombreux patients atteints d’un cancer du rectum dMMR/MSI-H. Il persiste une difficulté d’évaluer la réponse complète, qui reste un enjeu majeur lorsqu’on veut éviter une chirurgie. Toutefois, sans bras comparateur et avec un recul limité, la réponse clinique ne signifie pas la guérison. Cette stratégie de préservation d’organe nécessite donc une sélection rigoureuse et une surveillance experte prolongée.

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