Position du problème
Après progression sous trastuzumab, poursuivre le ciblage de HER2 avec l’anbenitamab (Ac dirigé contre les domaines II et IV de HER2) avait montré une amélioration significative de la survie sans progression à travers l’essai de phase III asiatique KC-WISE chez les patients atteints d’un adénocarcinome (ADK) gastrique ou de la jonction œsogastrique (JOG) HER2 positif. Les auteurs rapportent aujourd’hui une actualisation des données d’efficacité, notamment de la survie globale.
Méthode
246 patients asiatiques traités pour un ADK gastrique ou de la JOG HER2 + ayant progressé sous trastuzumab ont été randomisés entre anbenitamab (n = 125) ou placebo (n = 121), en association à une chimiothérapie standard. Cette actualisation rapporte une analyse intermédiaire préspécifiée de la survie globale (SG), co-critère principal, prévue après environ 150 décès, une actualisation des données de survie sans progression et de réponse tumorale.
Résultat
Après un suivi médian d’environ 23 mois et 157 décès, la SG médiane atteignait 19,6 mois sous anbenitamab contre 9,6 mois dans le bras contrôle (HR 0,39 ; IC95 % 0,28–0,54 ; p < 0,0001). Le bénéfice était retrouvé dans tous les sous-groupes préspécifiés. La SSP médiane était de 7,1 contre 2,7 mois (HR 0,35 ; IC95 % 0,26–0,48 ; p < 0,0001). Les taux de réponse tumorale et de contrôle de la maladie étaient également en faveur de l'anbenitamab avec un taux de réponse objective de 56,0 % (IC95 % 46,8 – 64,9) pour le bras anbenitamab vs 14,0 % (IC95 % 8,4 – 21,5) pour le bras contrôle. Ce gain d'efficacité s’accompagnait d’une toxicité accrue avec 69,4 % d’événements indésirables (EI) liés à l'anbenitamab de grade ≥3 contre 47,9 % dans le bas contrôle. Ces EI étaient principalement hématologiques.
Conclusion
KC-WISE confirme un bénéfice majeur de l’anbenitamab associé à la chimiothérapie après échec du trastuzumab : les médianes de SG et de SSP sont plus que doublées, au prix d’une toxicité accrue. Ces résultats confortent l’intérêt de poursuivre le ciblage de HER2. La place de cette association dans la séquence thérapeutique reste toutefois à préciser notamment par rapport au trastuzumab-deruxtecan qui a déjà démontré son intérêt après progression sous trastuzumab et également par rapport à l’arrivée du zanidatamab en première ligne.
