Detective Flow imaging vs échoendoscopie de contraste pour le diagnostic des lésions pancréatiques solides : premier round !

Position du problème

Le Detective Flow imaging (DFI) est une technique d'imagerie qui connaît un essor dans le cadre de l'écho-endoscopie (EE) biliopancréatique. Contrairement à l'EE de contraste (EEC) qui elle aussi évalue la microvascularisation tumorale, le DFI ne nécessite pas d'injection d'agent de contraste. Cependant, peu d'études ont comparé cette technique à l'EEC conventionnelle. C'est tout l'intérêt de ce travail qui effectue une comparaison entre les performances diagnostiques du DFI et celles de l'EEC dans les tumeurs solides pancréatiques (TSP).

Méthode

Il s'agit d'une étude monocentrique rétrospective menée entre février 2021 et décembre 2022. Elle incluait des patients ayant bénéficié d'une EE diagnostique dans le cadre d'un bilan de lésions solides pancréatiques. Des clichés obtenus en EEC et en DFI pour chaque lésion ont fait l'objet d'une relecture par 2 endoscopistes. L'objectif était d'évaluer la capacité du DFI à détecter la micro-vascularisation tumorale, comparativement à l'EEC. Les principaux paramètres de performances diagnostiques, la concordance inter-observateur et celle entre DFI et histologie ont également été évalués.

Résultat

Cette étude aura inclus un total de 107 patients, avec une majorité d'adénocarcinomes pancréatiques (64%). Les taux de détection de la micro-vascularisation sur la base du DFI et de l'EEC étaient respectivement de 43,9% et 48,6%. Il existait une concordance significative entre les deux techniques en ce qui concerne les diagnostics d'adénocarcinomes (ADK) (p=0.0001), de métastases pancréatiques (p = 0,002) et de tumeurs neuro-endocrines (TNE) (p= 0,004). De plus, les résultats de VPP et de VPN étaient également satisfaisants (97,9% et 90% respectivement). A noter par ailleurs une meilleure concordance inter-observateur sur la base de clichés de DFI (60% vs 50% avec l'EEC).

Conclusion

Cette étude met en avant les bonnes performances diagnostiques du DFI pour le diagnostic positif de TSP. En effet, l'analyse révèle une bonne concordance inter-observateur, ainsi qu'une bonne concordance avec l'EEC en ce qui concerne le diagnostic des TSP. Ces résultats couplés à l'absence de recours à un agent de contraste devraient favoriser la diffusion de l'outil. Les résultats doivent être affinés, par exemple, en ce qui concerne la performance du DFI pour évaluer l'agressivité des TNE, situation dans laquelle l'EEC a déjà démontré ses performances.

Philippe ONANA, Nice