Faut-il réaliser une aspiration biliaire lors d’une CPRE pour angiocholite ?

Position du problème

L'angiocholite est l'infection des voies biliaires intrahépatiques en amont d'un obstacle. Le traitement repose sur l'antibiothérapie et le drainage des voies biliaires par CPRE en première intention. L'aspiration biliaire a fait preuve de sa rentabilité sur le plan microbiologique, cependant elle n'est pas systématiquement réalisée et non mentionnée dans les recommandations à défaut de données sur sa pertinence clinique.

Méthode

Il s'agit d'une étude de cohorte rétrospective réalisée dans un centre tertiaire. 140 patients consécutifs ont été analysés avec CPRE réalisée dans un contexte d'angiocholite sur papille native entre 2018 et 2022. Le critère de jugement principal était le taux d'adaptation de l'antibiothérapie aux aspirations biliaires. Les critères de jugement secondaires étaient la durée d'hospitalisation, la mortalité, la récidive de l'angiocholite à 30 jours, la durée d'antibiothérapie, le changement d'antibiothérapie et la concordance entre l'antibiothérapie et l'aspiration biliaire.

Résultat

L'indication principale de la CPRE était la lithiase (83.4%) suivie de la néoplasie (14.3%). L'aspiration biliaire identifiait plus souvent un germe que les hémocultures (64% vs 40% des cas), les entérocoque étaient notamment beaucoup plus identifiés dans la bile que dans les hémocultures (37.9% vs 6.8%). L'aspiration biliaire a permis d'adapter l'antibiothérapie dans 40% des cas permettant le plus souvent une antibiothérapie de spectre moins large et per os. Les germes de l'aspiration étaient sensibles à l'antibiothérapie empirique dans 82.1% des cas et à l'antibiothérapie adaptée dans 85.4% des cas.

Conclusion

L'aspiration biliaire est une technique complémentaire aux hémocultures dans le cadre des angiocholites permettant d'adapter l'antibiothérapie dans 40% des cas et d'identifier plus de germes que les hémocultures. Si une aspiration est réalisée, il paraît nécessaire d'adapter rapidement l'antibiothérapie aux résultats car une antibiothérapie initiale non adaptée augmenterait le risque de décès.

Ahmad KATTAN, Lyon