A quoi s’attendre après une première RIC ?
Position du problème
40% des patients atteints de maladie de Crohn iléale terminale et opérés d’une résection iléo-caecale (RIC) seront restés stables ou auront diminué leur traitement à 5 ans, avec un taux plus faible d’hospitalisation et de traitement par corticoïdes. Au contraire, 30% des patients sous anti-TNF auront une RIC à 5 ans. La RIC est donc une option possible en première intention en alternative de l'introduction d'une biothérapie. Mais qu’en est-il des symptômes digestifs non liés à la maladie de Crohn suite à la résection de la valvule, et d'un segment d’intestin grêle ?
Méthode
Cette étude monocentrique a inclus tous les patients ayant eu une première RIC à Saint Antoine entre 2017 et 2022. Le critère de jugement principal était un critère composite : ≥ 4 selles molles ou liquides par jour et/ou une urgence fécale < 15 minutes et/ou des douleurs abdominales quotidiennes. Il était évalué au moment du contrôle post chirurgical entre 5 et 12 mois après la chirurgie, permettant de chercher une association entre les symptômes et l'activité morphologique de la maladie. De plus, les critères prédictifs du développement de cet inconfort digestif étaient étudiés.
Résultat
109 patients ont été inclus. 80% des patients étaient compliqués, et seul 7 patients ont été opérés pour une maladie de Crohn non compliquée. Le temps médian entre la chirurgie et l’évaluation des symptômes était de 7 mois et 35 patients avaient une récidive morphologique (score de Rutgeerts ≥ i2b, ou signes de récidive en IRM). Au total, 22% des patients présentaient un inconfort digestif, dont plus de la moitié rapportaient une diarrhée, sans récidive postopératoire morphologique (p = 0,17). Enfin les critères associés à un taux plus important de symptômes étaient : une maladie évoluant depuis plus de 2 ans, un sepsis péri-chirurgical et une longueur de résection > 40 cm.
Conclusion
Au total, après une RIC, plus d'un patient sur cinq présentaient un inconfort digestif dans l’année post RIC d’une maladie de Crohn iléale terminale, avec un taux important de diarrhée, en l'absence de récidive morphologique de la maladie. Ces résultats apportent des informations aux patients sur les suites postopératoires lorsque cette option est envisagée, et permettent d’identifier le profil des patients à risque (MC ancienne, résection étendue et sepsis péri-opératoire).
Paul PRIMARD, Paris