Bientôt un score de risque polygénique pour la prédiction du risque de CHC dans la MASLD ?
Position du problème
La MASLD regroupe un large spectre de lésions histologiques allant de la stéatose isolée ou à la stéatohépatite (MASH) pouvant progresser vers la cirrhose et le carcinome hépatocellulaire (CHC). La progression vers le CHC est multifactorielle, mais de plus en plus de données mettent en évidence une susceptibilité génétique, avec un intérêt croissant pour de nouveaux outils de prédiction. L'objectif de ce travail était de stratifier le risque de CHC et de décès en fonction d'une combinaison de polymorphismes (SNP) de gènes du métabolisme lipidiques et de l'inflammation.
Méthode
Etude menée à partir d'une cohorte prospective monocentrique ayant inclus, entre 2004 et 2018, des patients atteints de MASLD isolée, sans autre facteur de risque de progression de la fibrose, avec biopsie hépatique. L'ADN était extrait à partir d'échantillons sanguins. 12 SNP différents (4 gènes du métabolisme lipidique et 8 gènes de l'inflammation) ont été étudiés. Un modèle de score de risque génétique a été construit à partir des SNP associés à la survenue de CHC, pondérés en fonction du risque de CHC.
Résultat
181 patients ont été inclus, majoritairement des hommes (56%) d'âge moyen de 58 ans; 71 patients avaient une fibrose avancée et 43 une cirrhose. La durée de suivi médiane était de 135 mois. Au cours du suivi, 22 CHC ont été diagnostiqués (19 dans le groupe fibrose avancée) et 33 patients sont décédés (13 décès en lien avec un CHC et 8 causes hépatiques non CHC) 4 SNP (sur les gènes PNPLA3, TM6SF2, et 2 sur le gène TNF-α) étaient indépendamment associés à la survenue de CHC. Le score de risque génétique combinant ces 4 SNP pondérés a permis de stratifier la cohorte en 3 groupes selon le risque de survenue de CHC, avec une mortalité plus importante dans les groupes à risque moyen et élevé.
Conclusion
Ce score de risque polygénique basé sur des gènes du métabolisme lipidique et de l'inflammation a permis une stratification du risque de survenue de CHC et de la mortalité chez les patients atteints de MASLD. Ces résultats encourageants pourraient permettre une personnalisation des stratégies de surveillance. Son intérêt doit être validé dans de larges cohortes indépendantes.
Oumnia MASROUR, Rennes