Devenir végé : et si c’était ça le bon plan pour la maladie de Crohn ?

Position du problème

L'impact de l'alimentation sur la survenue d'une MICI (maladie inflammatoire chronique de l'intestin) a bien été étudiée. Néanmoins, le lien entre le type d'alimentation et son activité est moins connue. L'application efficace du régime CDED (Cohn’s Disease Exclusiv Diet) dans le Crohn pédiatrique par exemple, suggère pourtant son implication. L'objectif de cette étude était de démontrer l'impact de certaines catégories d'aliments sur l'activité de la maladie des patients atteints de MICI.

Méthode

L'étude a été réalisé dans 40 centres français et belge permettant le recrutement de 2414 patients atteints d'une maladie de Crohn (MC) ou RCH. L'évaluation s'est faite à l'aide d'un questionnaire permettant d'établir d'une part l'activité de leur maladie via le score de Harvey Bradshaw et le sous-score mayo clinic, et d'autre part leur profil alimentaire via le calcul de 2 scores alimentaires : le Healthy Diet score et le score d'adhérence au régime méditerranéen. L'analyse multivariée était ajustée sur le sexe, âge, IMC, niveau d'éducation, tabagisme, antécédents de réséction chirurgicale.

Résultat

Les patients inclus étaient atteints principalement de MC (68%), la quarantaine en moyenne, dont la durée d'évolution de la maladie avoisinait la décennie. La majorité était traité par anti-tnf (56%) et ustekinumab (15%) pour les patients avec MC, et anti-tnf (35%) et Vedolizumab (28%) pour les patients avec RCH. Dans la MC, la consommation de fruits, salade, légumes, haricots, gras et régime méditerranéen s'associe à une diminution d'activité de la maladie. Cette association se retrouve également dans la RCH à l'exception des légumes, des haricots et du gras pour lequel la significativité n'a pas été démontré. L'impact des produits ultra transformés n'a pas été démontré dans cette étude.

Conclusion

En conclusion, le régime alimentaire et plus particulièrement le régime méditerranéen avec la consommation de fruits et de légumes, semble avoir un impact positif sur l'activité des MICI et plus particulièrement dans la maladie de Crohn. Finalement, tout cela soulève une question essentielle : Et si en plus d'aider la planète, le brocolis pouvait sauver notre tube digestif ?

Coralie THIBAUT, Nancy