Efficacité de l’ethosuximide dans le syndrome de l’intestin irritable

Position du problème

Le syndrome de l'intestin irritable est une pathologie très fréquente (> 4% de la population), qui entraine un coût de santé important et ayant un retentissement majeur sur la qualité de vie. La douleur est LE symptôme cardinal selon les critères de Rome IV. Peu de médicaments sont efficaces pour soulager la douleur chronique. Des travaux traitant du SII se sont intéressés au rôles des canaux Ca2+ de type T dans la douleur. Cette étude avait pour but d'évaluer l'efficacité et la tolérance de l'ethosuximide, anti épileptique chez l'enfant, bloqueur de ces canaux, chez les patients ayant un SII.

Méthode

Cet essai multicentrique, randomisé, contrôlé vs placebo, en double aveugle a inclus des patients atteints de SII avec des douleurs abdominales modérées à sévères. L'effet de l'ethosuximide (2.5 à 10 ml/j en titration : doses moindres par rapport à celles utilisées dans l'épilepsie) a été comparé à celui du placebo pendant 12 semaines. Le critère de jugement principal était le % de répondeurs avec une douleur réduite d'au moins 30% et un score de soulagement global > 4/5 à 12 semaines. Les critères de jugement secondaires étaient la tolérance, la sévérité des symptômes et la qualité de vie.

Résultat

124 patients ont été randomisés entre 2018 et 2022. Concernant l'efficacité, il n'existait pas de différence significative entre les 2 groupes en analyse en intention de traiter. Toutefois, une différence significative a été observée entre ces 2 groupes en analyse per protocole avec un % de répondeurs plus élevé dans le groupe ethosuximide. Concernant la tolérance, près d'un quart des patients traités avaient arrêté le traitement en raison d'effets indésirables essentiellement bénins.

Conclusion

Cette étude n'a pas démontré l'efficacité de l'ethosuximide sur les douleurs des patients souffrant de SII. Cependant, la place de l'ethosuximide pourrait être étudiée chez des patients en échec des neuromodulateurs classiques comme l'amitryptiline.

Marion HEUSELE, Amiens