Episode pilote d’HELITE, bientôt la première saison !

Position du problème

Avec environ 150 00 traitements d'éradication d'Helicobacter pylori (Hp) par an en France, nous n'avons à l'heure actuelle aucune donnée générale sur les circonstances de découverte, les lésions induites, les traitements proposés et leur efficacité. L'étude HELITE débutée sur Annecy , mais ayant vocation à s'étendre à la France, vise à apprécier la prise en charge globale des patients infectés par Hp.

Méthode

Elle présente les données cliniques, endoscopiques, anapath, bactériologiques et les modalités et efficacité du traitement, disponibles sur plus de 1200 patients. 60 % des patients étaient nés France, 17 % en Europe et 17% en Afrique. Les patients à risque d'ulcère ou de cancer ne représentait que 25% des patients diagnostiqués. Des lésions endoscopiques étaient présentes dans 2/3 des cas : dans 40% des gastrites ou des duodénites , moins de 10 % d'ulcères et < 1% de cancers. Pour les PCR Hp qui étaient positives, il y avait 78 % de souches Clari-S et 22 % de souches Clari-R,

Résultat

En histologie, les lésions prénéoplasiques sévères (atrophie, modérée à sévère, métaplasie) n'étaient retrouvées que dans moins de 10% des cas. L'adénocarcinome et le lymphome compliquait l'infection dans 1% des cas. A noter que la sensibilité de l'anapath pour le diagnostic de l'infection était de 75%, possiblement expliquée par la prise d' IPP. Le traitement par IPP-Amox-Clari pour les souches Clari-S était pris dans sa globalité pour 97 % des patients, la tolérance globale était de 8,4 /10et permettait une éradication dans 95 à 97 % des cas. Le Pylera ® était pris en globalité pour 90 % des patients, toléré à 6,7/10, et ne permettait une éradication que de 87% !

Conclusion

HELITE apporte les premiers résultats de vie réelle d'une large cohorte de patients (1200 à ce jour, mais 3000 analysables prochainement), notamment sur des traitements orientés par les données de la PCR. Ces données préliminaires seront prochainement incrémentées par les données des nouveaux centres intéressés par l'étude mais apporte un premier éclairage sur les caractéristiques de cette infection découverte si fréquemment en endoscopie.

Anaïs BERTRAND, Paris