EUS-CDS : quand la route biliaire est barrée, quelles sorties de secours ?

Position du problème

L’EUS-CDS est devenu le traitement de référence en cas d’échec de CPRE pour le drainage des obstructions biliaires malignes distales. Cependant, les taux d’obstruction des prothèses varient de 9 à 55 %, et les facteurs de risque restent mal définis. Cette étude vise à identifier ces facteurs et à évaluer la meilleure stratégie thérapeutique (antibiothérapie, désobstruction ou nouvelle prothèse) pour optimiser la perméabilité des prothèses et améliorer la prise en charge des patients.

Méthode

Étude rétrospective monocentrique incluant 168 patients ayant bénéficié d’une EUS-CDS entre 2017 et 2024. L’obstruction était définie par un ictère récidivant et/ou une angiocholite. Une analyse statistique univariée et multivariée a identifié les facteurs de risque d’obstruction. L’efficacité de trois stratégies thérapeutiques a été comparée : mise en place d’une nouvelle prothèse (queue de cochon ou métallique), désobstruction mécanique seule et antibiothérapie isolée.

Résultat

Le taux de perméabilité global était de 72 % pour un suivi moyen de 5,8 mois. L’obstruction digestive était un facteur de risque indépendant d’obstruction de la prothèse (OR=4.67, p=0.0002). En cas d’obstruction, la mise en place d’une nouvelle prothèse était plus efficace qu’une désobstruction mécanique ou une antibiothérapie seule, avec une survie sans nouvel événement biliaire significativement supérieure à 6 mois (92,3 % vs 58,9 %) et à 12 mois (80,8 % vs 47,1 %).

Conclusion

L’obstruction digestive est un facteur de risque majeur d’obstruction des prothèses en EUS-CDS. En cas de récidive d’ictère ou d’angiocholite, la pose d’une nouvelle prothèse améliore la perméabilité par rapport à une désobstruction mécanique ou une antibiothérapie seule. Si la distinction entre angiocholite de reflux, obstruction luminale de LAMS et sump syndrome reste difficile au cours du suivi, ces résultats soulignent l’importance d’une stratégie thérapeutique adaptée pour prolonger l’efficacité du drainage biliaire et optimiser la prise en charge des patients.

Pierre-Jean SILETE, Dijon