Hépatite chronique Delta : faut-il poursuivre le bulévirtide au delà de 24 semaines chez les patients non répondeurs ou répondeurs partiels ?

Position du problème

Le bulévirtide (BLV) est une avancée majeure dans le traitement de l’hépatite chronique Delta. Cependant, certains patients ne répondent pas pleinement au traitement à 24 semaines. Faut-il poursuivre malgré tout ? Cette étude a évalué l’évolution des patients initialement non-répondeurs (NR) ou répondeurs partiels (RP) après 96 semaines de monothérapie par BLV.

Méthode

Les données de 141 patients issus d'études de phase 3 (MYR301) et de phase 2 (MYR204), présentant une hépatite chronique Delta sans cirrhose ou avec cirrhose compensée, sous BLV 2 mg ou 10 mg, ont été analysées. À 24 semaines, les patients étaient classés selon leur charge virale : répondeurs virologiques (RV), répondeurs partiels (RP, baisse ≥1 mais <2 log10 UI/mL) et non-répondeurs (NR, baisse <1 log10 UI/mL). L’évolution de l’ARN-VHD et des taux d’ALT a été comparée.

Résultat

À 24 semaines, 24 % des patients étaient RP et 11 % NR. Après 96 semaines de traitement, 74 % des RP et 47 % des NR ont obtenu une réponse virologique, avec de meilleurs résultats sous BLV 10 mg (chez les NR à 24 semaines, 80 % sont en RV à 96 semaines sous BLV 10 mg contre 30 % sous BLV 2 mg). Les taux d’ALT se sont améliorés dans tous les groupes, avec une baisse médiane de plus de 50 %.

Conclusion

Ces résultats montrent que poursuivre le BLV en monothérapie au-delà de 24 semaines permet d’améliorer la réponse virologique et les taux d’ALT, même chez les patients initialement non-répondeurs. Cela souligne l’intérêt d’un traitement prolongé pour optimiser les bénéfices cliniques.

Raja MROUE, Nice