Intensification du védolizumab sous cutané dans les MICI

Position du problème

Le védolizumab est utilisé en SC chez les patients suivis pour une RCH et une maladie de Crohn modérées à sévères. Certains patients nécessitent une optimisation de leur biothérapie. Aucune étude en vie réelle n'a évalué l'efficacité de l'intensification du védolizumab. Ainsi, l'objectif de cette étude était d'évaluer l'efficacité et la tolérance de l'intensification du védolizumab chez les patients atteints de MICI et présentant une réponse clinique incomplète ou une perte de réponse à ce traitement.

Méthode

Cette étude rétrospective multicentrique (25 centres du GETAID belges et français) menée de Août 2023 à Avril 2024 a porté sur des patients atteints de MC ou de RCH active (définie selon les PRO-2) et présentant une perte de réponse ou une réponse incomplète au védolizumab. Était proposée une intensification à 108 mg/sem ou 216 mg toutes les 2 sem. Le critère d'évaluation principal était la réponse clinique sans corticoïde à 3 mois de l'intensification (= PRO-2 améliorés d'au moins 50%). Les critères d'évaluation secondaires étaient la rémission clinique à 3 mois et la tolérance du traitement.

Résultat

154 patients (52 MC + 102 RCH) ont été inclus. La majorité des patients ont eu une intensification à 108 mg/sem. Chez 70% des patients avec une MC et chez 50% des patients avec une RCH, le védolizumab a été intensifié pour une réponse incomplète. A 3 mois de l'intensification, une réponse clinique sans corticoïde sous vedolizumab a été observée chez 35% des patients avec une MC et 43% des patients avec une RCH. Pour ce qui est de la sécurité, 7% des patients avaient présenté un effet indésirable (réaction au point d'injection le plus souvent) dont un sévère (pneumonie) et une réaction allergique ayant entrainé l'arrêt du védolizumab.

Conclusion

Il s'agit de la première étude en vie réelle à évaluer l'efficacité de l'intensification du védolizumab. Une réponse clinique sans corticoïde à 3 mois était observée chez plus d'un tiers des patients avec une bonne tolérance.

Marion HEUSÈLE, Amiens