Le mirikizumab, efficace dans la maladie de Crohn, mais à quelle vitesse ?

Position du problème

Le mirikizumab qui a l’AMM dans la RCH et la maladie de Crohn (en attente de son remboursement en France), a démontré son efficacité dans l’amélioration clinique, endoscopique et des biomarqueurs inflammatoires contre placebo dans la maladie de Crohn, avec un bon profil de tolérance dans l’étude de phase 3 VIVID-1 (incluant un comparateur actif, l'ustekinumab). Cette étude a pour but de se concentrer sur le délai d’action et l'innocuité du mirikizumab en phase d’induction comparé au placebo.

Méthode

Les patients inclus étaient suivis pour une maladie de Crohn active modérée à sévère, avec symptômes évalués par les Patient Reported Outcome (PRO), après échec d’un traitement conventionnel ou d’une biothérapie. Ils étaient randomisés dans les bras mirikizumab, ustekinumab ou placebo (selon un ratio 6:3:2). Les critères de jugement étaient l’amélioration clinique et la rémission clinique à S12, sur la base des PRO, ainsi que la vitesse d’amélioration, en comparaison au placebo. Les PRO étaient rapportés quotidiennement par les patients via un auto-questionnaire en ligne.

Résultat

L’étude VIVID-1 a inclut 1065 patients au total, dont 570 dans le bras mirikizumab et 199 dans le bras placebo. Une plus grande proportion de patients dans le bras mirikizumab ont atteint une réponse clinique à S4, 6, 8 et 12, et une rémission clinique à S6, 8 et 12, comparé au placebo. Chez les patients déjà exposé à ≥1 biothérapie, la différence entre les bras mirikizumab et placebo était plus importante. La tolérance globale était conforme au profil de sécurité connu et on note moins d’effets indésirables graves dans le bras mirikizumab. Enfin il n’y a pas eu de cancer, et aucun événement cardiovasculaire majeur.

Conclusion

L’induction par mirikizumab chez des patients atteints de maladie de Crohn modérée à sévère permet une amélioration clinique dès la 4ème semaine , et une rémission clinique dès la 6ème semaine sous traitement. Cette différence de délai d'action avec le placebo s'accentue jusqu’à la semaine 12. Le profil de sécurité était satisfaisant, conformément aux résultats antérieurs.

Paul PRIMARD, Paris