Les internes d’hépato-gastro au bout du rouleau ?

Position du problème

La santé mentale des internes est aujourd’hui un sujet majeur de préoccupation, dans un contexte d'actualisation des textes de lois (48h de travail maximum par semaine). Une étude de 2021, menée par l'ISNI a estimé que 67% d'entre eux présentaient des signes de burn-out. Le taux de suicide des internes en France est 3 fois plus élevé que celui de la population du même âge. Cette étude vise à évaluer la santé mentale des internes d'hépato-gastro-entérologie (HGE) comparé au point de vue des hospitalo-universitaires (HU).

Méthode

Un questionnaire a été envoyé à tous les internes d’HGE de France, quel que soit leur semestre et leur terrain de stage (CHU ou CHG), afin d’évaluer leur charge de travail, leur santé mentale notamment via les test PHQ2 et Maslach. Un questionnaire a également été envoyé aux HU.

Résultat

Le taux de participation était de 54% chez les internes (353/646) et 28% chez les HU. 72% des internes ont des symptômes d'épuisement professionnel alors que 73 % des HU estiment que cela concerne moins de 10 % d'entre eux. 93% des internes déclarent travailler plus de 50h par semaine. 91% des internes et 91 % des HU considèrent que leur service ne pourrait pas fonctionner sans internes. 4 facteurs associés aux signes de burn-out : projet hospitalo-universitaire, déséquilibre vie personnelle et professionnelle, ne pas se sentir à la hauteur, absence d’explications sur ce qui est attendu au cours de leur formation. Un interne sur 6 présente un syndrome dépressif.

Conclusion

Alors que 3/4 des internes d'HGE sont en burn out , au moins 73% des hospitalo-universitaires ne s'en rendent pas compte ! Les pistes d'amélioration évoquées : sensibiliser au syndrome d'épuisement professionnel et le dépister plus systématiquement (par le test d'usure compassionnel ?), organiser les services pour qu'ils dépendent moins des internes, respecter le temps de travail, instaurer un temps de parole avec un senior référent ou un psychologue. En conclusion, chers HU, soyez attentifs à vos internes aujourd'hui qui seront vos collègues et vos soignants de demain !

Marie-Emilie ESCLANGON, Montpellier-Nîmes,