Les nouveaux traitements anti-diabétiques (GLP1-RA et iSGLT2) améliorent le pronostic cardiovasculaire chez les transplantés hépatiques avec diabète

Position du problème

Les analogues de GLP1 (GLP1-RA) et inhibiteurs de SGLT2 (iSGLT2) ont démontré un bénéfice pour dans la réduction des évènements cardiovasculaires chez les patients diabétiques. Les complications à long terme de la transplantation hépatique (TH) sont dominées par les évènements cardiovasculaires, a fortiori chez les patients transplantés hépatiques avec diabète. Il existe peu de données concernant l’impact des GLP1-RA et des iSGLT2 dans cette population spécifique de patients transplantés hépatiques (TH).

Méthode

Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique ayant inclus des patients TH avec diabète (pré ou post TH), traité par GLP1-RA et/ou iSGLT2 pendant au moins 6 mois après la TH. Ils ont été comparés à des patients contrôle avec traitement standard (insuline+/- antidiabétiques oraux), avec appariement 1/1 sur l’âge, sexe et ancienneté de la TH. L’objectif principal était d’évaluer l’impact du type de traitement sur la survie et la survenue d’évènements cardiovasculaires majeurs (MACE) définis par infarctus, AVC, hospitalisation pour insuffisance cardiaque et décès de cause cardio-vasculaire.

Résultat

50 patients traités par GLP1-RA et/ou iSGLT2 issus de 3 centres parisiens ont été inclus. Ils ont été comparés à 50 patients contrôle recevant un traitement standard. La durée de traitement médiane était de 371j, avec un suivi médian 3.5ans. Les caractéristiques des 2 groupes étaient comparables sauf pour l'IMC plus élevé et la macro angiopathie plus fréquents dans le groupe GLP1-RA et/ou iSGLT2. 12% des patients du groupe GLP1-RA/iSGLT2 ont présenté un MACE vs 24% dans le groupe contrôle (p=0.042). La survie globale était comparable entre les 2 groupes. Dans le groupe GLP1-RA/iSGLT2, l’HbA1c à 6 et 12mois était significativement plus basse et la perte de poids plus importante.

Conclusion

Le traitement par GLP1-RA/iSGLT2 est associé à une moindre survenue de MACE chez les patients transplantés hépatiques avec diabète. Il est également associé à une perte de poids plus importante, une diminution de l'HbA1c même si l'objectif glycémique n'était pas atteint dans les 2 groupes. Du fait de l'effectif limité de cette étude et d'un faible nombre d'évènements, cet impact favorable sur le pronostic cardiovasculaire et métabolique dans cette population spécifique mérite d'être confirmé dans de larges études prospectives à venir.

Oumnia MASROUR, Rennes