Mission drainage : comment éviter la double peine ?

Position du problème

À un stade avancé, les cancers péri-ampullaires entraînent une double sténose biliaire et digestive, rendant le drainage endoscopique complexe. L’écho-endoscopie thérapeutique propose de nouvelles approches, mais la meilleure stratégie reste inconnue. Cette étude multicentrique compare les combinaisons de drainage bilio-digestif afin d’identifier celle qui minimise les dysfonctionnements de prothèse tout en maintenant un bon taux de succès technique et clinique.

Méthode

Étude rétrospective internationale incluant 159 patients traités entre 2017 et 2023 pour une double sténose par cholédocoduodénostomie (EUS-CDS) ou hépaticogastrostomie (EUS-HGS) associée à une gastro-entéro-anastomose endoscopique (EUS-GE) ou une prothèse duodénale (ES). Les patients ayant eu un drainage préalable ou un suivi <30 jours (hors décès) ont été exclus. Le critère principal était le taux de dysfonctionnement de prothèse.

Résultat

Les taux de succès technique et clinique ne diffèrent pas entre les groupes. L’association EUS-HGS/EUS-GE présente le plus faible taux de dysfonctionnement de prothèse au cours du suivi (84,0 % vs. 51,2 % pour EUS-CDS/ES ; p = 0,0466, vs 42% pour l'association EUS HGS/ES; p=0.03 vs 52,3% pour l'association EUS-CDS/EUS-GE) et nécessite le moins de réinterventions. Le taux global d'effets indésirables est similaire entre les groupes, mais lorsqu'ils surviennent, ils peuvent être plus grave avec l’EUS-HGS (jusqu’à 15,0 %, p = 0,014).

Conclusion

L’association EUS-HGS/EUS-GE semble la plus efficace pour limiter les dysfonctionnements de prothèse au cours du suivi, mais au prix d’un risque accru d’effets indésirables graves essentiellement lié aux complication du drainage biliaire par HGS. Une prise en charge dans des centres experts est recommandée pour optimiser la balance bénéfice/risque chez ces patients à pronostic sombre.

Pierre-Jean SILETE, Dijon