Ne plus négliger les patients atteints de rectites traités par thérapie avancée dans la RCH
Position du problème
L'atteinte de la rectocolite hémorragique (RCH) est habituellement séparée en 3 formes : rectite (E1), colite gauche (E2) et pancolite (E3). On estime qu'un tiers des patients sont diagnostiqués au stade E1. Ils sont souvent considérés comme atteints de formes mineures avec un risque évolutif plus favorable. Leur accès aux thérapies avancées est donc souvent retardé. Pourtant, l'atteinte rectale a un impact majeur sur la qualité de vie des patients. Les atteintes E1 étant souvent exclues des études, nous avons peu de données sur ces patients.
Méthode
L'étude THEFAR est une étude française, transversale, observationnelle, regroupant 41 centres ayant inclus de manière consécutive des patients adultes atteints de RCH traités par thérapie avancée (biothérapie ou inhibiteur de JAK). Les données médicales et thérapeutiques étaient recueillies par le gastro-entérologue, tandis que le patient complétait un certain nombre d'auto-questionnaires (qualité de vie, handicap, incontinence, besoins impérieux, productivité au travail, activités).
Résultat
293 patients ont été inclus : 45 avec une forme E1, 117 E2 et 131 E3. Il n'y avait pas de différence significative sur les caractéristiques des patients, et notamment sur le score de Mayo, le nombre de poussées, les manifestations extra-intestinales ou l'utilisation des corticoïdes pendant l'année précédente. Une différence sur les hospitalisations dans l'année est tout de même à noter, plus importante chez les patients E3. Cette étude rapporte que, toute atteinte confondue, 38 % des patients présentent un handicap modéré à sévère, sans différence entre les 3 groupes. Les différents critères évalués par les patients via les auto-questionnaires ne diffèrent pas entre les groupes.
Conclusion
Au total, 38 % des patients atteints de RCH sous thérapies avancées présentent un handicap modéré à sévère . L'impact sur la qualité de vie, le handicap, l'altération de la capacité de travail, le temps passé en poussée, la présence de manifestations extra-intestinales, l'incontinence ou les besoins impérieux ne diffère pas selon le niveau d'atteinte. Seul le risque d'hospitalisation est majoré chez les patients atteints de pancolite. L'objectif thérapeutique des rectites doit donc être identique à celui des autres formes, en incluant désormais ces patients dans les études à venir.
Pauline PIRES, Reims