Prise en charge endoscopique du volvulus du sigmoïde
Position du problème
Le volvulus du sigmoïde est une pathologie fréquente à laquelle nous sommes tous fréquemment confrontés, c'est la 3ème cause de syndrome occlusif colique dans le monde. Actuellement les recommandations reposent sur la détorsion endoscopique en l’absence de signes de gravité cependant la récidive est fréquente et la chirurgie prophylactique doit se discuter cependant le délai de réalisation n'est pas bien connu. L’objectif de cette étude était d’analyser l’évolution des patients atteints de volvulus du sigmoïde pris en charge au cours d’une garde d’endoscopie digestive.
Méthode
Dans cette étude observationnelle multicentrique 404 patients ont été inclus correspondant essentiellement à des hommes, un âge médian de 72 ans et 1/3 ont un antécédent de volvulus. La nature du volvulus (oragno-axial ou mésentérico-axial) n'était pas précisée.
Résultat
L'endoscopie est efficace dans cette indication avec un succès technique de 92% cependant les patients présentant déjà des signes d'ischémie endoscopiques (grade 3) ont plus d'échec (analyse multivariée). Par ailleurs il ressort que la CRP ≥ 27 mg/L, des signes scanographiques de souffrance et un temps ≥ 10h entre l'admission et l'examen sont associés à des signes d'ischémie à l'endoscopie. 100% des patients (5 patients) ayant une nécrose colique constatée lors de la détorsion endoscopique sont décédés en l’absence de chirurgie en urgence quelque soit l'efficacité de la détorsion endoscopique. L'impact de la nature du volvulus (oragno-axial ou mésentérico-axial) n'était pas précisée.
Conclusion
L'endoscopie est une technique efficace et sûre dans la prise en charge du volvulus du sigmoïde cependant il n'y a pas de bénéfice chez les patients présentant déjà des signes de nécrose. Au-delà de la prise en charge endoscopique en aigüe il paraît indispensable d'échanger régulièrement avec les chirurgiens afin de prévenir le risque de récidive précoce qui est relativement fréquent ainsi que sur la prise en charge urgente en cas de signes cliniques / biologiques / radiologiques d'ischémie devant lesquels il a été montré qu'il n'y avait aucun bénéfice avec la détorsion endoscopique.
Aurore MEURAT, Bordeaux