Efficacité et tolérance d’un deuxième inhibiteur de JAK dans la RCH : cohorte multicentrique J2J
Position du problème
L’arsenal thérapeutique dans le traitement des MICI s’est élargi, apportant ainsi de nouvelles solutions après échec des traitements historiques. Cependant, malgré cette diversification, certains patients évoluent sur un mode chronique actif, réfractaire. Bien que le switch soit une stratégie bien connue avec les anti-TNF, son intérêt dans la classe des anti-JAK reste à démontrer. Cette étude avait pour but d'évaluer l’efficacité et la tolérance en vie réelle d'une seconde ligne d'anti-JAK dans la RCH.
Méthode
Cohorte observationnelle multicentrique rétrospective du Getaid, qui a inclus des patients atteints de RCH modérée à sévère, ayant débuté un traitement par tofacitinib (Tof), filgotinib (Fil) ou upadacitinib (Upa), après échec d’au moins un anti-JAK. Il n’y avait pas de limite au nombre de biothérapie antérieure (≥2 dans 93% des cas). Le critère de jugement principal était la rémission clinique sans corticoïdes à la semaine 16.
Résultat
169 patients ont été inclus (Upa: 105, Fil: 54, Tof: 10). La raison principale d'arrêt du 1er anti-JAK (Tof et Upa dans 67% et 5% des cas) était une perte de réponse secondaire (57% des cas). Les patients traités par Fil ou Upa avaient été exposés à plus de lignes antérieures de traitement. Le taux de rémission clinique sans corticoïdes était significativement plus important dans le bras Upa (55%) que dans le bras Fil (33%), p0,008. Dans le bras Upa, ce taux était de 49% et 65% en cas de 1ère ligne par tof et fil, respectivement. Tout anti-JAK confondus, les taux de rémission clinique, réponse clinique sans corticoïdes et réponse clinique étaient de 53%, 62% et 70%, respectivement.
Conclusion
Près de la moitié de la cohorte a attieint l'objectif de rémission clinique sans corticoïdes après traitement d'induction L'Upa en seconde ligne est indépendamment associé à un meilleur taux de rémission que le Fil. Une grande proportion de patients (75%) n'ont pas présenté d'effet indésirable.
Aurore MEURAT, Bordeaux