Quel premier JAKi choisir après échec d’une première biothérapie : résultats préliminaires de l’étude JAKARTA
Position du problème
L’arsenal thérapeutique dans le traitement des MICI s’est beaucoup élargi, permettant un choix important à proposer aux patients et des solutions après échec des traitements historiques. Mais cette diversification s'accompagne d'une complexité croissante pour le praticien dans le choix du traitement le plus adapté. Chaque classe thérapeutique est représentée par différentes molécules, qui sont chacune efficaces contre placebo, mais qui ne sont pas comparées entre elles. L’étude JAKARTA a pour but de comparer l’efficacité en vie réelle des trois principaux anti-JAK disponibles dans la RCH.
Méthode
JAKARTA est une étude multicentrique rétrospective qui a inclut tous les patients atteints de RCH modérée à sévère, ayant débuté un traitement par Tofacitinib, Filgotinib ou Upadacitinib, après échec d’au moins un anti TNF, sans limite du nombre de biothérapie antérieure. Pour se rapprocher d'une étude randomisée, une technique d'imputation statistique de pondération (IPTW) a été utilisée. Le critère de jugement était la rémission clinique sans corticoïdes à la semaine 16. La diminution des traitements prévue selon le plan de soin était également étudiée.
Résultat
254 patients ont été inclus, 139 dans le bras Tofacitinib, 75 pour le Filgotinib et 50 pour l'Upadacitinib. Si les caractéristiques des patients étaient relativement similaires, les patients traités par Filgotinib ou Upadacitinib avaient significativement été exposés à plus de lignes de traitement antérieurement. Après propension, le taux de rémission clinique sans corticoïde était significativement plus important dans le bras Upadacitinib que Tofacitinib et Filgotinib (57,4, 37,1 et 34,6% respectivement, p<0,05). Enfin il est intéressant de noter que la grande majorité des patients dans les 3 bras n’avaient pas diminué la dose de leur traitement comme il aurait été prévu.
Conclusion
En conclusion, l’Upadacitinib semble plus efficace pour obtenir une rémission clinique à court et moyen terme que les deux autres JAKi dans le traitement de la RCH après échec d’au moins un anti-TNF, avec un taux de rémission important dans les 3 groupes. Il faut prendre en compte que les patients dans les bras Filgotinib et upadacitinib étaient plus avancés dans leur lignes de traitement. Enfin, les patients traités par JAKi recevaient souvent une dose plus importante que celle prévue dans le protocole de soin, des études vies réelles sur les JAKi sont encore nécessaires.
Paul PRIMARD, Paris