Quid de l’utilisation prolongée du Bulevirtide dans l’hépatite Delta : efficacité et sécurité à 144 semaines de traitement…

Position du problème

L'infection B + delta est la plus sévère des hépatopathies virales. Le Bulevirtide (BLV) a montré son efficacité dans le contrôle de l'infection par le VHD via la réduction de l'ARN du VHD et l'amélioration du taux de transaminases lors de son utilisation en monothérapie (2 ou 10 mg) pendant 96 semaines, et est ainsi recommandé dans le traitement du VHD en association au traitement du VHB. Cette étude rapporte les résultats d'efficacité et de tolérance à la semaine 144 de traitement afin d'évaluer si l'efficacité et la tolérance se maintenait après traitement prolongé.

Méthode

Cette étude de phase 3 multicentrique, ouverte et randomisée a été menée dans 4 pays européens, incluant 150 patients infectés par le VHD, dont 50% de cirrhotiques, et dont le traitement du VHB était autorisé mais non systématique (selon anciennes recommandations). Randomisation en 3 bras : BLV 10 mg 96 ou 144 semaines, BLV 2 mg 144 semaines. Le critère d'évaluation principal était la réponse combinée (ARN indétectable ou diminution > 2 log10 ui/ml par rapport à l'inclusion ET normalisation des ALT) à la semaine 144. Parallèlement, la tolérance était évaluée.

Résultat

La réponse combinée a été obtenue chez environ 55% des patients dans les 2 groupes BLV 2 et 10 mg. La réponse virologique seule a été obtenue dans près de 75% des cas de façon équivalente et la normalisation des ALT dans 60% des cas. Le taux d'ARN indétectable était atteint chez la moitié des patients du groupe 10 mg et ce de façon plus rapide, VS 29% dans le groupe 2mg. Des niveaux bas d'ARN du VHD et d'Ag Hbs ont été identifiés comme facteurs prédictifs potentiels de cette indétectabilité. Les taux de plaquettes, d'Ag Hbs et l'élasticité hépatique restent stables ou tendent à s'améliorer. La tolérance était excellente sans effets secondaires sévères rapportés.

Conclusion

L'utilisation prolongée du Bulevirtide reste bien tolérée et efficace sur la réponse combinée attendue chez plus de la moitié des patients traités avec une réponse virologique dans près de 3/4 des cas, indépendamment de la posologie utilisée. Cette efficacité semble avoir un bénéfice sur les paramètres hépatiques et notamment sur la fibrose et pourrait donc avoir un potentiel impact favorable sur l'histoire d'évolution de la maladie.

Coralie THIBAUT, Nancy