Position du problème
Les cancers des voies biliaires (CVB) sont des tumeurs rares au pronostic sombre. Le traitement validé actuellement en 1ère ligne est une combinaison de chimiothérapie avec une immunothérapie. En 2ème ligne, l’arsenal thérapeutique reste toutefois étroit. La bi-immunothérapie associant le durvalumab (D), anti-PD-L1, et le tremelimumab (T), anti-CTLA-4, a montré des résultats positifs dans les cancers hépatiques. L’objectif de l’étude IMMUNOBIL était d’évaluer l’efficacité d’une stratégie combinant ces 2 immunothérapies en 2ème ligne dans les CVB avancés.
Méthode
L’étude IMMUNOBIL est un essai de phase II. Sont inclus les patients atteints de CVB avancés en bon état général et ayant reçu une chimiothérapie en 1ère ligne. Une nouvelle biopsie était obligatoire au moment de l’inclusion. Les patients étaient randomisés entre 2 bras : un bras A (schéma mensuel D+T), un bras B (schéma D+T+paclitaxel ( arrêté précocement pour toxicité) et un bras A amendé (dose unique de T au 1er cycle). Le critère de jugement principal était la survie globale (SG) à 6 mois. (dans le bras A amendé ,seuil prédéfini de positivité : 59%).
Résultat
106 patients ont été inclus dans le bras A et 106 dans le bras A amendé. L’étude est négative sur son critère de jugement principal : la SG à 6 mois était de 55.9% dans le bras A amendé ; la SG médiane était de 6.7 mois dans le bras A amendé et 7.5 mois dans le bras A. La SSP médiane était d’environ 2 mois dans chacun des 2 bras. Le taux de RO et de contrôle de la maladie étaient respectivement de 12% et 29% dans le bras A amendé et de 10% et 38% dans le bras A. Les patients non progressifs à la 1ère évaluation (33%) avaient une SG prolongée (18 mois). 5% des patients ayant un CPS > 5 avaient une SG médiane de 13 mois (vs 6.4 mois si CPS < 5). Il n'y avait pas de toxicité inattendue.
Conclusion
En conclusion, l’association D + T n’a pas atteint l’objectif principal de l’étude. Un sous-groupe de patients présente une SG prolongée sous immunothérapie, que le statut PD-L1 ne suffit pas à prédire. Des études ancillaires (comprenant des analyses tumorales, sanguines et d’imagerie) permettront de mieux caractériser les marqueurs prédictifs de réponse à l’immunothérapie dans les CVB avancés.
