Position du problème
Les inhibiteurs des points de contrôle immunitaires (ICIs) ont transformé le traitement et le pronostic d’une majorité de cancers. La toxicité hépatique (CHILI) survient chez jusqu’à 25 % des patients, sous formes cholestatique, cytolytique ou mixte. Après résolution, la reprise des ICIs est contre-indiquée en cas de grade IV et reste délicate pour les autres grades, avec un risque de récidive de 20 à 30 %. Les alternatives existent mais leur hépatotoxicité est mal connue. Cette étude évalue la prise en charge post-CHILI et le risque de récidive à 1 an.
Méthode
CHILI-Out est une étude rétrospective, observationnelle et multicentrique incluant tous les patients traités par ICI, discutés en RCP « ImmunoTox » entre décembre 2018 et décembre 2024 dans 4 centres français. Les données clinico-biologiques ont été recueillies au diagnostic et lors du suivi sur 24 mois. L’imputabilité était évaluée par méthode Rucam, et la sévérité selon les scores CTCAE, DiliEGW et Dilin. La guérison était dénie par une normalisation des tests hépatiques.
Les informations oncologiques, la reprise de traitement, les récidives d’hépatite et la survie ont été analysées.
Résultat
141 patients (55 % hommes, âge médian 64 ans) suivis pour cancers pulmonaires (33 %), mélanomes (32 %) et digestifs (10 %) ont été inclus. 7 % avaient une cirrhose et 10,6 % des métastases hépatiques. Les ICI impliqués étaient des anti-PD(L)1 (78 %), associé à des anti-CTLA4 (25 %), avec 80 % d’hépatites grade 3–4, principalement cholestatiques. 20 % ont été hospitalisés et 3 % sont décédés d’insuffisance hépatique. 57% des patients ont été guéris, de délai plus long dans les formes cholestatiques et 6 % ont développé une CHILI chronique. 75 % ont repris l’ICI, avec 19 % de récidives non sévères. Les DILI et la reprise de l’ICI n’ont pas affecté la réponse oncologique(42%) ni la survie à 1an
Conclusion
Dans cette cohorte de patients atteints d’hépatite immuno- induite, la guérison survenait dans la majorité des cas. La réintroduction d’un ICI était possible pour la majorité des patients, avec un nombre modéré de récidives et de forme non sévère. Ni les hépatites liées aux ICI ni leur réintroduction n’ont impacté la réponse oncologique et la survie à 1 an.
Une Etude prospective CO-CHILI est en cours pour tenter d’identifier les facteurs prédicitifs de récidive des hépatites en cas de réintroduction de l’ICI
