Position du problème
Longtemps délaissés des essais cliniques en raison de leur fragilité mais pas moins concernés, les plus de 70 ans représentent près de 40% des cancers gastriques.
Depuis l’essai RAINBOW, l’ajout du ramucirumab au paclitaxel (R+T) a démontré sa supériorité au paclitaxel seul en 2e ligne dans l’adénocarcinome oeso-gastrique avancé (AOGA).
La fragilité augmentant le risque de toxicités, il serait intéressant d’évaluer l’efficacité, la tolérance et l’impact sur la qualité de vie (QdV) du ramucirumab (R) seul ou en association en 2e ligne dans cette population de >70 ans atteinte d’un AOGA .
Méthode
Il s’agit d’un essai prospectif multicentrique de phase II randomisé ayant inclus des patients de >70 ans PS 0-1, porteurs d’un AOGA, en progression après une 1ère ligne par 5FU + sels de platine ou irinotécan.
Il s’agit d’une randomisation 1/1 pour recevoir le R seul vs T+R, avec stratification sur le centre, l’histologie et le degré d’autonomie.
Les co-critères principaux étaient la survie globale (SG) à 6 mois (objectif de 60% dans le bras R seul) et la QdV à 4 mois.
Parmi les objectifs secondaires : tolérance, facteurs gériatriques/nutritionnels pronostics et toxicité.
Résultat
109 patients ont été analysés en ITT modifiée, avec un âge médian de 78 ans et un score G8 altéré dans 3/4 des cas.
Le suivi médian était de 47 mois.
Pour le bras R, le taux de SG à 6 mois = 42.6% (62.5% T+R) et la SG médiane = 5.5 mois (7.6 mois T+R).
Les données de QdV ne sont pas analysables en raison des décès précoces et des nombreux arrêts de traitements (7.5% et 38%).
La toxicité de grade 3-4 est nettement diminuée avec le R seul (20.4% vs 70%).
Conclusion
Cette étude n’atteint pas son objectif principal avec une faible efficacité du R seul, mais présente des données de tolérance satisfaisantes par rapport au T+R.
Études ancillaires en cours pour déterminer des facteurs pronostiques et prédictifs de réponse aux traitements afin de proposer une médecine personnalisée pour ce groupe de sujets âgés hétérogène.
