Position du problème
Le carcinome hépato-cellulaire (CHC) avancé est corrélé à un pronostic sombre. L’arrivée de l’immunothérapie (IO) a considérablement amélioré les perspectives pour les patients, la survie médiane passant de 13 mois sous Sorafénib à >20 mois sous immunothérapie.
Dans d’autres localisation tumorale, la réponse complète prolongée sous immunothérapie (RCp) est définie par l’obtention d’une réponse radiologique complète selon mRECIST pour une durée d’au moins 6 mois. Après ce délai, se pose la question de l’arrêt du traitement..
Méthode
Il s’agit d’une étude rétrospective monocentrique réalisée au CHU de Grenoble sur 96 patients ayant un CHC avancé (BCLC B ou C) traité en 1e ligne par immunothérapie, entre 2020 et 2024.
La réponse tumorale était évaluée selon les critères mRECIST, chaque évaluation étant confirmée par une relecture indépendante, et classée en réponse complète (RC), réponse partielle (RP), stabilité ou progression.
L’étude s’est intéressée aux médianes de survie des différents groupes de patients, au maintien de la réponse complète après arrêt de traitement et à la prise en charge des récidives.
Résultat
Au total, 68% des patients avaient reçu de l’Atézolizumab-Bevacizumab, 20% du Durvalumab-Tremelimumab, et 12% une association expérimentale.
Une réponse objective a été observée pour 38,9% des patients : 18,9% en RC et 20% en RP.
La médiane de survie globale est de 15,6 mois, de 26,6 mois pour les RP et non atteinte pour les RC.
Une RC prolongée était observée chez 14 patients chez qui le traitement a été arrêté (5 en raison d’un événement indésirable, les autres ayant accepté l’arrêt du traitement proposé après information éclairée). Après 23 mois de suivi, aucun traitement n’avait été repris chez 8 patients, et 6 patients ont reçu un traitement locorégional ou une immunothérapie.
Conclusion
Dans un groupe de patients sélectionnés, en réponse radiologique complète prolongée > 6mois (14 dans l’étude), une pause thérapeutique a pu être proposée, permettant une période prolongée avec maintien de la RC sans traitement.
A noter que les patients ayant obtenu une réponse complète rapidement (dès 3-4 mois) étaient pour la plupart ceux dont la réponse a été maintenue après arrêt de traitement.
Il est désormais nécessaire de mener une étude prospective randomisée pour confirmer ces résultats.
