Position du problème
L’adénocarcinome de l’ampoule de Vater (ADKa) est une entité rare, d’autant plus dans sa forme métastatique. Dans 2 séries de faible effectif publiées dans le NEJM, on retrouve des taux de réponse objective avec le CAPOX allant de 38 à 50%, des SSP de 7 à 9 mois.
La littérature reste de faible niveau de preuve et il n’y a pas de consensus sur le traitement de 1ère ligne de l’ADKa.
Une coopération à l’échelle nationale apparaît indispensable pour mieux caractériser les aspects cliniques, thérapeutiques et pronostiques de ces ADKa.
Méthode
Il s’agit d’une analyse post hoc de la cohorte prospective nationale FFCD AC, qui s’était intéressée aux patients opérés d’un ADKa localisé, en récidive métastatique. Ont été inclus, tous les patients métastatiques ayant reçu une chimiothérapie de 1ère ligne.
La SG et SSP étaient évaluées au diagnostic de métastases et les facteurs associés à la SG et SSP ont été évalués par un modèle de Cox.
Résultat
85 patients ont été analysés. Le sous type bilio-pancréatique était largement représenté (65%).
Parmi les traitements de 1ère ligne : 65% de schémas à base de 5FU, 35% à base de gemcitabine.
Dans la population globale, la SSPm et la SGm étaient de 7 et 15 mois, respectivement. Le taux de RO était de 35%.
En univariée, le sous type histologique ne semblait pas influencer la SSP/SG, dans la limite des effectifs faibles de l’étude.
En multivariée , comparée aux schémas gem-based, la chimiothérapie à base de 5FU était associée à une meilleure SSP (7.7 vs 5.4 mois, HR : 1.89, p<0.05) et numériquement à une SG améliorée.
La présence de métastases hépatiques était un facteur pronostique péjoratif.
Conclusion
Il s’agit de la plus grande cohorte prospective d’ADKa métastatiques.
Malgré une hétérogénéité des pratiques, cette étude donne un signal positif sur les schémas à base de 5FU avec tout de même des taux de réponse objective <50%.
La poursuite du recrutement et l’apport des données de biologie moléculaire devraient nous permettre, dans les années à venir, d’améliorer la prise en charge de ce groupe de tumeurs rares.
