Position du problème
Le prurit est un symptôme fréquent, parfois invalidant, de la cholangite biliaire primitive (CBP), altérant le sommeil, l’humeur et la qualité de vie des patients. Les agonistes des récepteurs activés par les proliférateurs de peroxysomes (PPAR) sont des traitement de 2éme ligne de la CBP prescrits en cas de résistance ou d’intolérance au traitement par acide ursodésoxycholique (AUDC). Ils sont connus pour améliorer les marqueurs biologiques de la cholestase. L’objectif de cette méta-analyse est d’évaluer leur efficacité sur le prurit et la qualité de vie.
Méthode
Une revue systématique a été réalisée en incluant des essais randomisés contrôlés versus placebo. Les participants étaient atteints de CBP avec un prurit modéré à sévère (échelle d’évaluation numérique EEN ≥ 4/10). Trois agonistes PPAR ont été évalués : bézafibrate, élafibranor et séladelpar.
Des scores validés ont été utilisés concernant le prurit et la qualité de vie (EEN, 5D-itch, PBC-40). Une méta-analyse par paires a été conduite avec un modèle à effets aléatoires, les résultats étant exprimés en différence moyenne (DM) avec des intervalles de confiance à 95%.
Résultat
Cinq essais randomisés ont été inclus, totalisant 436 patients, dont 274 traités par agonistes PPAR et 162 par placebo. Les résultats montrent une réduction significative de l’intensité du prurit sous traitement, avec une amélioration dès 3 mois (DM = -1,38 ; IC 95% : -2,62 à -0,14), confirmée à 6 mois (DM = -1,13) et à 12 mois (DM = -1,73). Cet effet était principalement observé avec le BEZAFIBRATE et le SELADELPAR. En revanche, bien que certains sous-scores liés au prurit (comme le 5D-itch ou la composante prurit du PBC-40) s’améliorent, aucune différence significative n’a été retrouvée sur la qualité de vie globale évaluée par le score PBC-40.
Conclusion
Les agonistes PPAR en particulier le BEZAFIBRATE et le SELADELPAR démontrent une efficacité significative sur la réduction du prurit dans la CBP. Toutefois, leur impact sur la qualité de vie globale reste incertain. Ces résultats soulignent la nécessité de poursuivre les recherches avec des critères de jugement validés centrés sur les symptômes et le ressenti des patients.
