Position du problème
Les rectites isolées (E1) représentent 30% des patients atteints de RCH, avec un handicap fonctionnel parfois majeur. Cependant, la quasi-totalité des essais pivots comptent parmi leurs critères d’exclusion ces RCH E1.
Cette étude a cherché à comparer l’efficacité des thérapies avancées entre les formes E1 et les formes plus étendues chez les patients atteints de RCH (E2/E3).
Méthode
C’était une étude rétrospective multicentrique, à partir des données individuelles poolées de plusieurs études de vie réelle, avec inclusion des patients démarrant une thérapie avancée après échec d’au moins une biothérapie et ayant une maladie active (Mayo partiel > 2). Le critère de jugement principal était la rémission symptomatique sans corticoïdes à la semaine 14.
Résultat
608 patients ont été inclus, 73 patients E1 et 535 E2/E3. Les patients E1 étaient moins fréquemment en L3 (ou+) (43,1 vs 60,1%) et présentaient plus de manifestations extradigestives (17,8% vs 9,1%).
L’atteinte E1 n’était pas significativement associée à un taux plus faible de rémission symptomatique à S14 (OR=1,23 [0,63-2,44]. L’analyse multivariée n’a pas retrouvé d’interaction entre le fait d’avoir une RCH E1 et un traitement concomitant par 5ASA sur l’obtention d’une rémission à S14. L’analyse de chaque classe thérapeutique n’a pas retrouvé de différence d’efficacité selon l’étendue de la RCH. Aucune différence significative sur l’impériosité et le délai avant arrêt du traitement.
Conclusion
Cette étude ne retrouve pas de différence d’efficacité des thérapies avancées entre une atteinte rectale isolée et une formes plus étendue. Ces résultats soulignent l’intérêt d’inclure ces malades dans les essais cliniques et, surtout, de ne pas sous traiter les patients avec une rectite isolée de RCH.
