Position du problème
En l’absence de recommandations spécifiques, les stratégies de surveillance après une dissection sous-muqueuse endoscopique (ESD) colorectale varient, de nombreux centres pratiquant une coloscopie précoce malgré de faibles taux de récidive après une résection complète (R0). Cette étude évalue la sécurité d’une coloscopie de surveillance (CS) différée au delà de 24 mois pour des lésions bénignes.
Méthode
Les auteurs ont analysé rétrospectivement les 778 patients qui présentaient une lésion bénigne, avaient bénéficié d’un suivi à 3 ans au moins, avec au moins une coloscopie de surveillance.
L’objectif était de comparer les stratégies de CS précoce ( 24 mois) sur le taux d’adénomes avancés à 3 ans de suivi.
Résultat
L’étude sur 989 patients (moyenne 74,6 ans) montre des taux de résection en bloc (96,2 %) et R0 (87,6 %) élevés pour des lésions moyennes de 59,1 mm. Le délai de surveillance (précoce à 7 mois vs tardif à 33 mois) n’impacte pas significativement le risque de néoplasie avancée métachrone lors du suivi (6,45% vs 9,32%, p = 0,318) . Le principal facteur de risque identifié est la multiplicité des lésions synchrones (OR 1,15 par lésion) lors de la colposcopie initiale.
3 cancers d’intervalles ont été diagnostiqués dans le groupe contrôle précoce.
Conclusion
Cette étude montre qu’une surveillance à 3 ans après une dissection sous-muqueuse (ESD) R0 pour lésions bénignes est sûre. Le taux de néoplasie métachrone est faible (6,9 %) et non lié au délai de suivi. Les rares cancers d’intervalle étaient des lésions manquées initialement et non des récidives locales. Le principal prédicteur de risque reste la multiplicité des lésions synchrones lors de la coloscopie initial confirmant la nécessité de sa qualité optimale. Espacer le suivi réduirait les procédures inutiles et les coûts sans compromettre la sécurité.
