Position du problème
Le risque de lymphome est connu pour les anti TNF (aTNF) et les thiopurines (TP) mais la persistance après arrêt, le type de lymphome (Hodgkin [LH], non Hodgkinien de haut grade [LNH+], non Hodgkinien de bas grade [LNH-]) et le risque des autres traitements utilisés dans les MICI (Vedolizumab [VDZ], Ustekinumab [USK], JAK inhibiteurs [JAKi], Méthotrexate [MTX]) ne sont pas connus. Cette étude cas témoins a sélectionné 422 793 patients atteints de MICI dans le Système National des Données de Santé (SNDS) sur la période 2009-2024 pour analyser le risque de lymphomes.
Méthode
Chaque patient avec lymphomes incident survenus après 2010 était apparié à 50 patients témoins selon leur âge, sexe et durée de MICI au moment du diagnostic de lymphome. On différenciait les expositions en cours (délivrance dans les 3 mois précédent le diagnostic), récente (arrêt 2 ans). Les odds ratio (OR) étaient ajustés sur les caractéristiques sociodémographiques, liées à la MICI et sur les comorbidités. Les patients avec un lymphome incertain ou un autre facteur de risque de lymphome étaient exclus (VIH, transplantés, autre cancer).
Résultat
1 238 cas de lymphomes étaient retrouvés (15% de LH, 50% de LNH+, 25% de LNH-). Les TP étaient la classe la plus pourvoyeuses (OR 2,4), avec des lymphomes agressifs (LH et LNH+) et un risque prolongé (survenue tôt se poursuivant 3 ans après l’arrêt). Les aTNF avaient une association moins forte (OR 1,7) pour tout type de lymphomes avec un risque plus court (survenue progressive et prolongée 1 an après l’arrêt). Les autres thérapeutiques n’augmentaient pas le risque de lymphome. L’association initialement retrouvée pour le MTX disparaissait après exclusion des patients atteints de maladie inflammatoires ou auto-immunes ou avec MICI inactive.
Conclusion
Cette étude confirme le risque de lymphome associé aux thiopurines (avec un effet dose, un risque prolongé dans le temps et des lymphomes plus agressifs) et aux anti-TNF, avec un effet additif de ces 2 traitements. Les autres traitements utilisés (UST, VDZ, JAKi, MTX) ne majorent pas le risque de lymphome. Il convient donc de se poser la question de la limitation de la combothérapie ou de l’utilisation d’aTNF ou TP chez les patients à risque de lymphome
