Position du problème
Le système de soins français génère >8 % des émissions de gaz à effet de serre au niveau national, incitant à repenser nos pratiques de soins. Dans les MICI, l’empreinte carbone provient en majorité des hospitalisations (57 %) et des transports (29 %), loin devant l’endoscopie (7 %). L’échographie apparaît comme une alternative plus durable, pouvant réduire jusqu’à 40 % des émissions en limitant les actes invasifs et les hospitalisations. Cette étude visait à évaluer le bénéfice environnemental d’une stratégie de surveillance basée sur l’échographie.
Méthode
Cette étude de cohorte prospective incluait des patients atteints de maladie de Crohn ou de rectocolite hémorragique ayant réalisé une coloscopie et une échographie intestinale (≤ 4 semaines) afin d’évaluer la rémission entre septembre 2019 et septembre 2023. Le bénéfice environnemental reposait sur la réduction des coloscopies chez les patients en rémission clinique et échographique. L’empreinte carbone est estimée à 28,4 kgCO2 par coloscopie (équivalent à environ 300 kms en voiture) contre 1 kgCO2 (environ 1km) pour l’échographie (auquel on ajoute les déplacements du patient).
Résultat
Au total, 179 patients MICI ont été inclus, dont 49 % avec MC. L’âge médian était de 40 ans et 51 % étaient des femmes. En incluant les transports, l’empreinte carbone moyenne d’une échographie était de 15,7 kg CO2, inférieure à celle d’une coloscopie. Une discordance clinico-échographique était observée dans 40,2 % des cas. Une coloscopie aurait pu être évitée chez 59,8 % des patients, avec un gain d’environ 13 kg CO2 par patient, soit 1300 KgCO2 pour 100 patients équivalent à 5974km en voiture.
Conclusion
La surveillance par échographie permettrait d’éviter environ 60 % des coloscopies et de réduire l’empreinte carbone d’environ 1,3 tonne de CO2 pour 100 patients, soit un gain moyen de 13 kg de CO2 par patient. L’ajout de la calprotectine fécale pourrait améliorer la sélection des patients et limiter encore le recours à la coloscopie.
Ainsi, l’association d’une calprotectine fécale et une échographie semble la formule la plus écologique de suivi des MICI pour l’avenir.
