Position du problème
L’obefazimod (Obe) est une petite molécule, augmentant l’expression du microARN-124 et restaurant un équilibre immun muqueux sans effet immunosupresseur, administrée par voie orale ayant montré son efficacité dans des études de phase II chez des patients atteints de rectocolite hémorragique (RCH) modérément à sévèrement active. Les essais ABTECT (AB) 1 et 2 sont des essais d’induction de phase III évaluant l’Obe versus placebo menée sur 8 semaines dans la RCH modérée à sévère avec pour objectif de confirmer ces résultats.
Méthode
Il s’agit de 2 essais d’inductionmulticentriques, randomisés en double aveugle contre placebo menés chez des patients avec une RCH modérée à sévère (Mayo score modifié [MMS] > 4, Mayo score endoscopique > 1, score de saignement rectal > 1) ayant déjà reçus un traitement antérieur. La randomisation se faisait selon un ratio 2:1:1 (Obe 50 mg, Obe 25 mg, placebo [Pbo]) pendant 8 semaines. Le critère de jugement principal était la rémission clinique (selon le MMS). Les critères secondaires incluaient la réponse clinique, la rémission symptomatique, l’amélioration endoscopique et histologique.
Résultat
1272 patient ont été inclus parmi 600 centres sur 33 pays avec des caractéristiques similaires (échec d’un traitement antérieur dans 45-49% des cas). L’Obe administré par voie orale à la dose de 25 et 50 mg était associé à une rémission clinique significativement supérieure contre placebo et à une amélioration significative de tous les critères secondaires. Aucune différence n’était mise en évidence entre les 2 posologies. Les taux d’effets secondaires graves ou non étaient similaires entre les groupes Obe et Pbo sans signal infectieux ou cancérigène. Seul les céphalées transitoires étaient plus fréquentes sous Obe avec un effet dose, le plus souvent bénigne (seul 1% d’arrêt provoqué).
Conclusion
L’Obefazimod est une molécule orale sure et efficace dans le traitement de la RCH modérée à sévère chez des patients ayant déjà reçu un traitement antérieur. Son délai d’action semble rapide avec des signes d’efficacité observés dans les 1ers jours et un effet semblant significatif à 2 semaine. La possibilité d’un effet dose selon la gravité de la maladie semble se dégager de ces essais (population plus sévère dans AB2 avec plus de réponse à 50 mg) et est à valider sur des études de suivi à long terme. La place de cette molécule dans notre arsenal thérapeutique reste encore à préciser.
