Dissection œsophagienne : attention à la sténose !
Position du problème
La dissection sous muqueuse (DSM) de l’œsophage est une technique efficace pour traiter les cancers superficiels mais le risque de sténose postopératoire reste une complication majeure. En cas de résection circonférentielle intermédiaire (50–75 %), les données sont mal connues.
Méthode
Cette étude multicentrique rétrospective a inclus 513 patients ayant eu une DSM œsophagienne circonférentielle de 50 à 75 %. Les patients ont été divisés selon la survenue ou non d’une sténose définie par l'absence de passage d'un gastroscope standard. Les facteurs de risque de sténose ont été évalués en tenant compte de l’usage ou non de corticoïdes.
Résultat
Une sténose est survenue chez 5 % des patients. Les corticoïdes ont été utilisés dans 43% des cas (en injection locale quasi exclusivement). Les facteurs de risque de sténose étaient : une cicatrice de résection dans la lésion (OR 5,10), une localisation cervicale (OR 3,97), une résection étendue (>5/8) (OR 3,78) et une durée de procédure prolongée (OR 3,83). Chez les patients ayant eu des corticoïdes, une association avec le risque de sténose était retrouvée en cas de présence d’une cicatrice de résection, d'une localisation cervicale et d'une résection étendue.
Conclusion
La sténose après DSM œsophagienne cironférentielle intermédiaire reste rare. Les patients avec une lésion cervicale, une cicatrice de résection, une résection étendue et une durée prolongée de procédure, sont plus à risque et pourraient bénéficier d’un tratement par corticoides. Tous ces critères sauf la durée prolongée pourraient être éligible à un protocole plus agressif (corticothérapie orale, plusieurs sessions d’injection locale…).
Thomas LAMBIN, Lyon