Donneurs sélectionnés et double voie : un protocole innovant pour traiter la RCH modérée
Position du problème
La transplantation de microbiote fécal (TMF) est un traitement possible de la rectocolite hémorragique (RCH) avec un taux de succès variable. Les données issues de TURN 1 ont permis d’émettre de nouvelles hypothèses notamment concernant : le protocole de TMF, le traitement anaérobie des selles, une administration double voie et une sélection des donneurs, en vue d’augmenter l’efficacité de la greffe fécale. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’efficacité d’un protocole optimisé de TMF utilisant des selles préparées de façon anaérobie issues de donneurs pré-sélectionnés.
Méthode
Il s'agit d'un essai randomisé multicentrique qui a comparé l'administration de selles autologues par double (nasoduodénale et lavement) à l'administration de selles de donneur préparées de type anaérobie, en 4 administrations, chez des patients atteints de RCH active légère à modérée. Le critère principal était la rémission clinique sans corticoïdes à 8 semaines. En cas d'échec dans le groupe selles autologues un accès à l'administration de selles de donneur était possible.
Résultat
Quatre vingt cinq patients (âge moyen 43,6 ans, 48% femmes) on été inclus, 44 on reçu les selles d'un donneur, 41 des selles autologues. 89% d’entre eux ont complété le protocole de traitement. Une différence significative était observée entre les 2 groupes avec un taux de succès de 23% chez les patients recevant des selles de donneur vs 5% dans le groupe autologue (p=0,026). En ouvert, 27% des patients ont atteint la rémission après administration de selles de donneur. Les effets indésirables graves étaient comparables entre les 2 groupes (14% vs 10%), deux événements étaient liés au traitement, dont un pneumothorax sur pose de la sonde duodénale.
Conclusion
Ce protocole optimisé de TMF, avec traitement anaérobie des selles, donneur sélectionné et double voie d’administration, augmente la probabilité de rémission sans corticoïde à 8 semaines, et montre un profil de tolérance acceptable chez des patients avec une RCH modérée. D’autres études sont nécessaires pour confirmer ces résultats et optimiser la sélection des donneurs et des patients.
Ana BEYRNE, Marseille