ESD réussie : Faut-il vraiment surveiller si tôt ?

Position du problème

Les coloscopies de surveillance des polypes représentent 25% des coloscopies réalisées. Après dissection sous-muqueuse, il existe une hétérogénéité des recommandations entre les sociétés savantes, de nombreux centres préconisant une coloscopie précoce (à 1 an) malgré un faible risque de récidive après résection curative. Cette étude visait à évaluer la sécurité d’une surveillance retardée et à identifier les facteurs de risque de néoplasie avancée métachrone.

Méthode

Il s’agissait d’une étude rétrospective, multicentrique, internationale, ayant inclus, entre 2013 et 2021, 1 097 patients ayant bénéficié d’une dissection sous-muqueuse colorectale. Parmi les 778 patients disposant d’un suivi prolongé, les résultats ont été comparés selon une coloscopie de contrôle précoce (24 mois). Le critère de jugement principal était le taux d’adénome avancé.

Résultat

Les taux de résection en bloc, R0 et curative étaient de 95,8 %, 83,3 % et 81.5% respectivement. 82.6% des patients ont bénéficié d'une coloscopie de suivi précoce (< 12 mois), et 17.4% une coloscopie tardive (> 24 mois). Le taux d’adénome avancé était faible et similaire entre les groupes (6.1 % vs 8.9 %, p>0.05). Aucun cancer n'a été observé dans le groupe tardif. Les récidives sur cicatrice étaient rares (1.5 %), avec comme facteurs de risque une résection R1 et une résection piece-meal. Le seul facteur associé à une néoplasie avancée métachrone était le nombre de lésions synchrones initiales.

Conclusion

Après dissection sous-muqueuse, le taux d’adénomes avancés ne différait pas significativement entre le groupe ayant une coloscopie précoce (< 12 mois) et celui avec une coloscopie tardive (> 24 mois). Une surveillance différée pourrait donc être envisagée, guidée par le nombre de lésions synchrones initiales, afin de réduire le coût et l’impact environnemental des coloscopies. Des études complémentaires sont toutefois nécessaires pour confirmer ces résultats.

Karine LOUVION, Paris