Facteurs de risque d’exposition aux biothérapies/chirurgie/hospitalisation dans les MICI
Position du problème
Les MICI ont une incidence en augmentation dont les principaux traitements reposent sur les biothérapies/JAKi et pour certains la chirurgie entrainant parfois de nombreuses hospitalisations. L’histoire naturelle des MICI n'est pas clairement comprise et les facteurs de risque influençant l’exposition aux thérapies ciblées, résections chirurgicales et hospitalisations sont peu connus.
Méthode
Cette étude de cohorte prospective espagnole multicentrique vise à évaluer les facteurs prédictifs d’exposition aux biothérapies/JAKi, de chirurgie et d’hospitalisation au cours des cinq premières années suivant le diagnostic chez des patients nouvellement diagnostiqués de MICI (MC, RCH, colite indéterminée) pendant un suivi de 5 ans.
Résultat
1 526 patients atteints de MC et 1 633 atteints de RCH ont été inclus. Les facteurs prédictifs d’exposition aux biothérapies/JAKi étaient un âge jeune (HR 0,99 p< 0,001), un phénotype pénétrant de la MC (B3 HR 2,35 p< 0,001) et une extension importante de la RCH (HR 5,02 P< 0,001). L'exposition aux biothérapies était plus importante dans la maladie de Crohn (48% vs 19% dans la RCH p <0,001). Le risque de chirurgie était diminué chez les patients atteints de MC sous immunomodulateurs (HR = 0,33 p < 0,001) et augmentée chez les patients atteints de RCH sous biothérapie (HR 11,86 p < 0,001) témoignant d'une maladie plus sévère.
Conclusion
L’exposition aux biothérapies/JAKi est influencée par le phénotype agressif de la MC, une extension plus importante de la RCH et un âge jeune. L’utilisation des biothérapies/JAKi ne diminue pas le recours à la chirurgie dans cette étude (non significatif dans la MC et à risque dans la RCH), même lorsqu’elles sont initiées précocement. Il existe un besoin d’une meilleure identification des patients à risque pour pouvoir modifier l’évolution de la maladie.
Inès LEVEQUE, Besançon