GLADIATOR : quelle place pour l’Etrasimod dans la RCH légère à modérée ?

Position du problème

L’etrasimod est un modulateur sélectif oral, administré une fois par jour, des récepteurs de la sphingosine‑1‑phosphate (S1P), indiqué dans le traitement de la RCH modérée à sévère. Son efficacité a été démontrée chez des patients présentant un score de Mayo modifié (MMS) de 4 à 9 dans ELEVATE-UC. Le design de cette étude avait pour objectif d’évaluer l’efficacité de l’Etrasmiod spécifiquement chez des patients avec une RCH légère à modérée.

Méthode

GLADIATOR est un essai de phase 2, international, randomisé, double aveugle, vs par placebo, visant à évaluer efficacité et tolérance de l’etrasimod chez des patients avec RCH légère à modérée (MMS 4–6 ; sous‑score endoscopique ≥2 ; sous‑score saignement rectal ≥1) ayant présenté une réponse insuffisante, une perte de réponse ou une intolérance à ≥1 traitement de la RCH. Les patients étaient randomisés en 2:1 pour recevoir soit de l’etrasimod 2 mg, soit un placebo, en une prise quotidienne. Le critère de jugement principal était la rémission clinique à 52 semaines.

Résultat

187 patients on été randomisés, 127 patients ont reçu de l’etrasimod et 60 ont reçu le placebo. 78 patients ont complété le traitement par étrasimod à S52 et 28 patients dans le groupe placebo. Un tiers des patients avaient un score MMS de 3, les autres avaient un score à 2. À S52, 26,0% des patients sous etrasimod et 18,3% des patients sous placebo étaient en rémission clinique (p = 0,2524). À S12, 28,3% étaient en rémission vs 11,2% respectivement (p < 0,05). La réponse clinique prolongée (CJS) était significativement plus élevée dans le groupe Etrasimod (p = 0,0104). L’etrasimod a été globalement bien toléré et les résultats observés sont cohérents avec ceux déjà connus.

Conclusion

Chez les patients atteints de RCH légère à modérée, l’Etrasimod n’a pas montré son efficacité pour la rémission clinique à S 52. Ces résultats peuvent être expliqués entre autres par la taille de l’effectif, avec notamment un taux élevé d’interruption de traitement en cours d’étude. Un autre élément important est le nombre élevé de patients avec une activité endoscopique significative (MMR à 3) et une exposition à une thérapie avancée préalable. Cela pose la question de la définition de la maladie légère a modérée : était elle adaptée ?

Ana BEYRNE, Marseille